Penser contre soi-même de Nathan Devers

Article du 4 janvier 2024

Comment passer du religieux extrême à l’absence totale de croyance en dieu : c’est l’itinéraire évoqué par le jeune et brillant Nathan Devers, normalien, auteur à 26 ans, de quatre livres, dont un roman remarqué l’an passé sur le métavers (« les liens artificiels« ), qui livre ici une manière d’autobiographie non dite. Le protagoniste de ce livre se nomme Nathan Naccache. Il est bouleversé par la révélation divine, s’engage dans une aventure personnelle qui doit le conduire à être rabbin, fréquente un centre  communautaire intimiste dans les lisières d’Auteui, dont il deviendra l’un des piliers très régulier. Il y subit, avec ravissement l’influence du mystérieux Rav Kotmel,  participe à un voyage organisé avec des pèlerins – et une jeune fille séduisante – en Israël, reste quelques jours et même un plus dans sa famille de Jérusalem, croit éprouver la  révélation de son destin… Bien sûr, on ne va pas tout vous raconter. Mais sachez que cet ouvrage de philosophie appliquée est surtout le récit d’une tranche de vie qui balance entre mysticisme passionné et rationalisme appliqué. Les deux tiers de l’ouvrage, denses, vifs, se livrent avec avidité. Le dernier tiers est plutôt une réflexion sur l’avenir d’un philosophie qui défend l’idée d’une pensée et sans oeillères, religieuse ou autre. L’ensemble, si l’on voulait prendre l’auteur pour un petit neveu de Woody Allen, pourrait s’intituler : « comment je me suis débarrassé du judaïsme après avoir voulu endosser la kippa du rabbin« . Dans tous les cas, voilà un essai cursif, passionnant, dérangeant, propre à faire réfléchir le croyant comme l’incroyant, le fanatique comme l’agnostique. Une lecture bien utile en ces temps d’intolérance.

Penser contre soir-même, de Nathan Devers (Albin Michel, 336 pages, 20,90 €).

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Publié le  4 janvier 2024 par

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