Maison Aribert
« Uriage : le mage Aribert »
Il est né à Grenoble, a été élevé dans le Vercors dans une famille où l’a été paysan, boulabger, aubergiste, demeurant attaché à ses racines. Il a oeuvré près de deux décennies au Grand Hôtel d’Uriage, longtemps sous la houlette de Philippe Bouissou, qui fut le sorcier fou de ce lieu hors mode, comme une sorte de El Bulli de l’Isère, difficilement cernable, le taiseux des abords de Grenoble. Christophe Aribert, qui a également oeuvré à Paris à la Tour d’Argent avec Manuel Martinez, au Crillon avec Christian Constant, est, lui, plus lisible et, pour tout dire, plus ouvert.
Il a construit seul son image, son identité, sa manière. Et, depuis quatre ans, il a ouvert sa propre maison d’hôte, au coeur du parc thermal dans une ancien grand chalet XIXe longtemps laissé à longtemps et menacé de destruction. Le lieu est aujourd’hui éclatant. Il y a là quatre chambres, un café contemporain, et puis cette grande table claire, avec sa vaste salle avec véranda, laurée de deux étoiles où il se fait le chantre de l’écologie gourmande et de l’éco-responsabilité, vantant les producteurs voisins, les adeptes du bio et de la permaculture.
Belledonne, Chartreuse, Oisans, Trièves et, bien sûr, sont ses sources d’inspiration dans des assiettes belles, savoureuses, colorées, lumineuses. Une jus de pomme et céleri font débuter le repas avec entrain, le radis émincé parfumé d’estragon suit pimpant, avec les amuse-bouche qui constituent de splendides fantaisies montagnardes : tartelette champignon, noisette, gratin dauphinois du père, polenta et bleu du Vercors-Sassenage.
Les choses sérieuses démarrent avec la perche du Léman mariés aux œufs d’omble avec pommes de terre le tout relevé de chartreuse : une belle indication de ce qui va suivre. Comme la salade de pays à l’oignon rose, ciboulette et sureau et le bonbon d’écrevisses, épinard, cédrat. L’omble chevalier de l’élevage d’Archiane, cuit à peine, couverte de sa fine sauce persil, est un des morceaux de bravoure du repas.
Il y a encore la courge mariée à la verveine, le ventre de poisson avec navet, livèche, le chou-fleur au thym et citron, comme un consommé ou « trou montagnard », avant ce formidable moment carnassier qu’est ce chef d’oeuvre de pigeon poché, rôti, juteux, savoureux, sapide, presque sauvage, marié à sa raviole de cèpe.
On embraye ensuite sur le mariage du chèvre, de l’antésite et de l’oseille et de la tomate avec l’agastache et l’eau de tomate. Avant d’aborder aux douceurs en farandole, entre sapidité et légèreté, avec les alliances chocolat, sarrasin, piment oiseau ou encore miel, pollen, agrumes, mais aussi superbe tarte aux noix de Grenoble, chocolat et arquebuse.
Avec ça, le maître d’hôtel sommelier Jean-Jacques Reuil, qu’on vit jadis chez Guérard et qui a gardé son bel accent tarbais, vous déniche des vins au verre que l’on voit rarement ailleurs et séduisent par leur sens de l’à propos, leur fruit et leur fraîcheur: arbois blanc de Nathalie et Emmanuel Grand à Passenans en 2020 et pur savagnin »cuvée Guille-Bouton » au nez noisette ou encore Saint Joseph « Préface » 2019 de Pierre-Jean Villa au superbe nez de violette. Belle équipe, grande maison !

















Moment unique ! Un vrai voyage …