Château de Germigneyrue Edgar Faure
« Port-Lesney : les plaisirs gourmands de Germigney »
C’était la Maison Jeunet, transplantée ici depuis Arbois, sous la houlette de Steven Naessens. C’est désormais – provisoirement ? – la table du parc, celle du château de Germigney, sous la houlette Julien Durosier, venu du Carmel d’Arbois (l’ancien Hôtel de Paris d’André et Jean-Paul Jeunet). Ce jeune (41 ans) banlieusard, ancien de l’hôtel Costes à Paris, pratique un registre de brasserie chic fort bien adapté au terroir jurassien qui convient ma foi fort bien à une clientèle venue se reposer non loin de la Loue, dans ce joli Relais & Châteaux avec son parc, et qui a déjà tout vu, tout bu et tout mangé ailleurs
Son cromesquis de morbier à la saucisse de Morteau en amuse-gueule, ses tomates anciennes avec leur mousse de chèvre au piment d’Espelette, son risotto (Arborio) crémeux au parmesan avec ses copeaux de truffe d’été, son tendre filet de bœuf charolais venu de chez un boucher jurassien, avec condiment chimichurri, échalotes et frites en écrasée, plus une divine mousseline de pommes de terre au vin jaune font carrément plaisir.
On ajoute en dessert la pavlova aux fruits rouges, fraises, framboises et myrtilles, mais le tartare d’ananas avec coriandre, citron vert et crumble de noix de coco, fera de l’oeil à ceux qui veulent manger léger et digérer en issue. On y ajoute une carte des crus pléthorique, notamment côté Jura, plus un choix de vins plein de malice de la jeune sommelière chartraine très pertinente Laurie Derouard.
Ainsi l’arbois savagnin ouillé (sans oxydation) 2019 du domaine de la Pinte, l’exquis arbois-pupillin savagnin « sous voile », riche en caractère et très noiseté 2018 du domaine Overney-Crinquand, comme, en rouge, l’exquis saint-Joseph 2021 d’André Perret à Chavanay à l’exubérant nez de violette.
Voilà une table à surprise (s) et qui séduit sans forcer sa nature, ni faire d’effet de manches.














