Le Cammissar
« Ribeauvillé : découvrez le Cammissar ! »
Dédiée au peintre Auguste Cammissar, dont une oeuvre (un beau paysage des abords de Ribeauvillé et ses châteaux dans la verdure) orne la salle , Le Cammissar est la toute neuve table gourmande et raffinée de la cité des Ménétriers. Elle est signée du jeune Thomas Eblin, 23 ans, ancien de l’Abbaye de la Pommeraie à Sélestat, du Maximilien à Zellenberg, chez son cousin Jean-Michel Eblin, et, durant trois ans, de l’Auberge de l’Ill, dans l’équipe de Marc Haeberlin.
Le cadre est raffiné, bâti avec l’aide de son père MOF menuisier, avec ses belles fenêtres, ses boiseries, son plafond à poutres, ses tables bien mises, sa terrasse d’été. L’extérieur – celui d’une demeure aristocratique à colombages, aux murs rouges – ne manque pas d’allure. Le service traine un peu, même si l’unique serveur fait ce qu’il peut pour faire plaisir à tous. Et côté mets, on se régale de choses fines et bonnes, relativement régionales, mais pas seulement.
Le pain d’épice avec sa crème au raifort, comme le tartare de gambas pomme granny-smith avec sa tuile au parmesan font de plaisants amuse-bouche, le foie gras de canard en terrine mi cuit avec son chutney d’abricot de saison et l’effiloché de truite gravlax parfumé aux agrumes avec son sorbet petit pois constituent de séduisants hors d’oeuvre comme des entrées en matière.
Le carpaccio de Saint-Jacques (d’Atlantique Nord, qui paraît tout de même franchement hors saison, couvrant un émincé de tourteau ne manquent pas d’iode, comme le splendide bar poêlé avec sa nage de coquillages et ses spaetzle au curry, très « Alsace nouvelle vague ». On loue au passage le croustillant et le moelleux à la fois de la poitrine de porc rôtie avec sa déclinaison d’artichaut et maïs.
Les vins au verre ont du caractère comme le gewurztraminer vendanges tardives Muehlforst d’Eblin-Fuchs à Zellenberg, qui épouse parfaitement le foie gras, le riesling bien sec du voisin Jean Sipp à Ribeauvillé et le joli pinot noir très fruits rouges issu du même domaine. En desserts, le vacherin du Cammissar, en version allégée, et la poire confite au crémeux biebeleskäss ont du répondant, comme d’ailleurs les mignardises (joli financier caramélisé avec sa chantilly). Une table à suivre dans l’Alsace qui bouge.















