Dostoievski
« Strasbourg : les plaisirs slaves du Dostoievski »
Un peu d’exotisme pour débuter l’année : une halte dépaysante au « Dostoievski », la table de l’église russe de Strasbourg. On visite ce monument (l’église orthodoxe de tous les saints), dans le quartier des XV, riche en ambassade, proche de l’Orangerie et du canal de la Marne. On se bluffe par sa belle façade en vert et blanc, avec ses hauts clochetons, son air de gâteau géant à la pistache qui contraste avec son intérieur très sobre orné de belles icônes. Et on découvre le restaurant dédié à l’auteur des « frères Karamazov », imaginé en sous-sol, avec sa vaste table centrale, ses recoins ornés de tableaux et photos d’auteurs russes façon salons cosys. Et on découvre la cuisine ouvragée de la jeune Darédjân Pkhakdzé.
Cette native de Géorgie formée en Alsace, passée le Pont Tournant sous l’aile du chef Boris Derendinger mitonne une cuisine qui emprunte à toutes les cultures des pays pratiquant le culte orthodoxe, Russie, bien sûr, mais aussi Ukraine, Géorgie, Grèce ou Serbie. Le bortsch maison servi chaud (une soupe de betterave aux choux, bœuf, pommes de terre, vinaigre, carottes et oignons) est délectable.
Le poivron grillé farci aux noix, fenugrec, ail et piment d’Espelette, fait également une entrée bienvenue, destinée aux vegans comme aux autres, même si sa présentation pourrait se passer d’inutiles feuilles de salade verte. Le khachapuri, cette « pizza » géorgienne au fromage Imerouli, comme les pelmini (ravioli russe) à la viande de pot au feu dans un bouillon à la crème et fromage sont d’une générosité sans faille, mais d’une richesse un peu appuyée. Comme d’ailleurs le filet de saumon à l’avocat, avec sauce pistache au parmesan, huile d’olive et persil.
Les desserts sont également riches et crémeux, mais peuvent aisément se partager. Comme la pavlova présentée comme un « arbre de Noël » avec meringues, crème et fruits rouges ou encore le « Napoléon », cette version russe du millefeuille mêlant feuilletage géant, crème diplomate aux pommes confites. La bonne surprise ? Le rouge Hilandar issu d’un monastère du Mont Athos et unissant cabernet franc, merlot et cabernet sauvignon dans une très séductrice harmonie entre fraîcheur et fruit. Et on achève sur un « café cosaque », liqueur de café autrichienne à base de vodka et café. Nazdrowie !













Mais bien sûr! Cela fait plaisir d’avoir de bons lecteurs!
Karamazov et non pas Karamozov mon cher Gilles…