L'Entente
« Paris 2e : retour à l’Entente »
Cette brasserie bleutée, qui évoque celle du Brown’s à Londres, au cœur de Mayfair, l’Albemarle, on vous en a déjà parlé. Elle joue toujours l’ambassade de la cuisine british avec charme. Le patron, Oliver Woodhead, londonien pur cru, a travaillé dans quelques tables parisiennes tenues par des sujets du Commonwealth, tels Fish la boissonnerie, Semilla et Maceo des amis Williamson. Il a appris avec science les jolis vins français qu’il accorde aux mets anglais de tradition.
Le cadre a du charme, avec ses tons bleutés, ses lambris, banquettes, grand bar riche en alcools de toutes sortes, avec singulièremt les gins. Les toilettes à l’ancienne valent la visite pour leur collections de dessins humoristiques. Bref, l’ensemble ne manque ni de gaîté, ni de cachet, ni de caractère. La cuisine mixte produits français et recettes british de tradition. Certes, les assiettes promettent parfois plus qu’elles ne tiennent.
Ainsi cette (décevante) terrine de langue de bœuf (un peu duraille et fort nerveuse cette dernière), même si les pickles qui l’accompagnent sont séduisants. Le Welsh Rarebit – avec cheddar fondu sur toast, moutarde Colman’s, sauce Worcestershire et une touche de bière – pourrait être plus généreux en fromage. Car on a surtout un morceau de pain toasté manquant de fondant (on songe, non sans nostalgie, au « welsh » de la Brasserie André à Lille.
Rien à redire, en revanche aux Scotch eggs (de caille) avec piccalilli, au tendre et croustillant fish (lieu noir) & chips (frites bien épaisses et moelleuses) sauce tartare. Ni au boeuf Wellington avec sa belle croûte, sa purée de pommes de terre (qui pourrait, tout de même être plus beurrée, plus onctueuse), carottes et sauce vin rouge.
Au chapitre des desserts, on fait un sort à la craquante pavlova à la rhubarbe ou au riche puddling sauce caramel. Et côté, vins, partie forte de la maison, on goûte avec plaisir le rouge des côtes catalanes dit « on s’en fish » du domaine Gardiès (cinsault, carignan), ainsi que le rivesaltes du même domaine qui colle impeccablement avec les desserts. Bref, voilà toujours un bel endroit pour sceller l’entente cordiale et oublier le Brexit.













