Vie et passion d’Yves-Marie le Bourdonnec
Une enfance à la Dickens, avec des parents abîmés par les addictions (alcool et drogue), le placement en maison d’accueil, puis le retour en famille comme un chemin vers le paradis chez un oncle et une tante dans leur ferme bretonne, la passion, très jeune, pour le métier de boucher et l’art de tuer le cochon en virtuose pour un pré-adolescent fasciné : les débuts d’Yves-Marie le Bourdonnec dans la ville sont à la fois difficiles, énergiques, surprenants et émouvants. Une vie comme un roman ! Mais rien n’a encore vraiment commencé. L’apprentissage à Asnières, le rachat de la boutique de son patron, la création du « Couteau d’Argent », appelé à devenir son point d’ancrage et d’expansion, les débuts à la télévision, où Yves-Marie se révèle star médiatique et maestro communiquant, la croissance financière avec un fonds d’investissement, la multiplication des boutiques, plus l’échec d’un modèle économique qui repose non sur l’amour de la belle viande, mais sur l’appât du gain… Une vie comme un combat ! Yves-Marie, qui ne met pas son drapeau en poche pourfend les amateurs de viande fade, vante le croisement des races françaises avec l’Angus british, défend la consommation sobre et sans excès, se bat comme un beau diable. Surtout après un nouvel essai de développement et son nom vendu à d’autres, il change de vie, s’installe dans la Nièvre, et fait du minuscule village de Bouhy son nouveau royaume. De cet itinéraire à la fois passionné et chaotique, il tire un récit qui se croque et se dévore comme un bien joli morceau maturé à point. Voilà une lecture tonique et humaniste comme un remède à toutes les (fausses) business stories.
La clé des champs, d’Yves-Marie le Bourdonnec (Michel Lafon, 17,95 €, 208 pages)










Par contre il s’est bien gardé d’informer sa bourgeoise clientèle que les viandes qu’il leur vendait étaient abattues selon le rite halal et que sans ces abattoirs, nous n’en aurions plus aucun dans l’hexagone !