961 heures à Beyrouth par Ryoko Sekiguchi
Ryoko Sekiguchi? On connaît d’elle « Nagori ou la nostalgie de la saison qui vient de nous quitter« . Mais aussi une passionnante réflexion sur l’astringent, et le goût nippon, aux ateliers d’Argol. Poétesse, essayiste, traductrice, experte en cuisine (s) de toutes sortes, cette Japonaise bourlingueuse et polyglotte, vivant à Paris, manie les subtilités de la langue française avec une évidente dextérité et un réel brio. »961 heures à Beyrouth« , d’abord paru chez POL, et aujourd’hui en Folio, est le récit minutieux, ordonné par notes savamment numérotées, d’une enquête à la fois furtive et obsessionnelle, ludique et passionnée, dans une ville bigarrée où elle multiplie les rencontres et les regards, les rencontres et les notations sur le vif, sans omettre de déguster les plats en nombre (321 en tout !), indiquant la richesse de la cuisine libanaise, sa variété, ses parfums, ses saveurs, ses souvenirs, ses ambivalences, son cousinage avec les autres « cuisines orientales ». Davantage qu’un livre de cuisine, cet ouvrage très singulier trace, comme un puzzle vagabond, le portrait d’une ville bigarrée et d’un peuple chaleureux, au gré de ses aspirations, de sa culture, de ses espoirs, avant et après la tragique explosion de son port qui la blessa et l’endeuilla durablement. Un livre à lire, déguster, picorer ou croquer, selon le goût de chacun…
961 heures à Beyrouth par Ryoko Sekiguchi (Folio, 240 pages, 8,40 €).








