Hôtel des Carmes
« Aurillac : dormir au Carmes »
Dormir au Carmes, ce n’est pas forcément au charme. Les frères Moussié, qui ont relancé à la Paris la mode du bouillon et rénové des brasseries (la Brasserie Barbès, le Bouillon Pigalle, qui fait mille couverts par jour, et le Bouillon République dans l’ancien Jenny, c’est eux, notamment), sont revenus au pays, du moins l’aîné Charles (ou le cadet, on ne sait plus), avec son épouse bauloise de Saint-Nazaire qui s’initie aux charmes de la vie locale. Ils ont rénové un vieil établissement du centre, histoire de montrer leur attachement à la capitale du Cantal, redonnant au lieu un « air neuf à l’ancienne ».
Côté pile, salons et réception, bar et façade, c’est plutôt réussi. Côté face, chambres et et vues, c’est plus problématique. Si vous arrivez le soir et êtes accueilli par un cerbère acerbe qui vous demande ce que vous prenez au petit déjeuner, tout en vous précisant : « ici, on ne fait pas le room service« , et que vous tombez sur une chambre avec vue sur l’arrière, avec son panorama grand angle sur un mur aveugle, son fauteuil au siège défoncé, ses éclairages blêmes, c’est assurément moins drôle.
L’ambiance, en noir et blanc, avec ses carreaux au sol, ses photos au mur, fait penser immanquablement à « Une chambre en ville » de Simenon, filmé par Jean-Pierre Melville, as du « noir et blanc en couleurs« . Mais les petits déjeuners sont sympathiques et la préposée du matin est nettement plus souriante que le gardien vachard de la veille. Qui vous fait visiter le lieu avec ses quelques chambres avec poutres et vues sur les toits d’Aurillac.
Bref, voilà un lieu à prendre avec des pincettes. S’ils lancent des modes à Paris, les Moussié, qui prônent « l’urban style » à leur façon, doivent faire preuve de modestie grande pour leur retour au pays cantalou











