Mona et son manoir d’Armistead Maupin
Vous vous souvenez des « Chroniques de San Francisco » (en anglais : « Tales of the city »), qui, sous la plume alerte d’Armistead Maupin contait les heures et bonheurs de la communauté gay de SF dans les années 1980-1990, à l’heure du fléau naissant et grandissant du SIDA. La série a fait florès, est devenue télévisée, a été popularisée en poche par la collection 10/18. Elle a donné naissance à de nouveaux épisodes drôlatiques et fort réussis comme « Babycakes », « By By Barbary Lane », « Maybe the Moon », « Mary Ann en automne » ou « Michael Tolliver est vivant ». On n’oublie pas, au passage, « Anna Madrigal », hommage à la logeuse de tout ce petit monde tendre, fragile et passionné qu’elle abritait dans sa maison du 28 Barbary Lane. L’action se déplace aujourd’hui dans les Costwold et ses maisons couleurs de miel au coeur de l’Angleterre. Mona, la fille d’Anna Madrigal, a hérité par son mari, feu Lord Roughton, d’un château dans les Cotswolds, Easley House. C’est là, dans ce manoir de la campagne anglaise transformé en maison d’hôtes, où nos héros vont se retrouver pour une intrigue qui fait des clins d’oeil version « queer » à Agatha Christie. Un couple d’Américains en lune de miel tapageuse, Wilfred, le fils adoptif de Mona, un jardinier veuf et sourcilleux, une postière artiste et préraphaélite, plus Anna Madrigal et Michael Tolliver sont les protagonistes de cette comédie polissonne et à peine policière, qui culminera avec la fête du solstice d’été. C’est drôle, écrit avec une légèreté et une malice constante. Bref, une parfaite lecture de début d’été.
Mona et son manoir d’Armistead Maupin (éditions de l’Olivier, 288 pages, 23 €).







