Les Douze Apôtres
« Strasbourg : une bière et bien plus au Douze Apôtres »
On vous a parlé de cette maison à ses débuts. Dans ce qui fut le mince boyau de fou de bière de Bernard Rotman, tout voisin de la cathédrale, Christophe Gros, qui possède quelques maisons gourmandes (une pizzeria place d’Austerlitz, Mi-To, et un table dédiée aux voyages à Truchtersheim), a créé une brasserie gourmande, avec son comptoir d’entrée, ses tireuses de bières, ses bancs en bois, son vaste sous-sol, avec un registre de plats régionaux, simples mais efficaces. Le service va de l’avant, fait face à l’affluence et au succès, le tout sous le sceau de la souriante Michaela.
Salade de chou cru à la saucisse de viande grillée, selon une recette fameuse (la choucroute crue au cervelas grillé) que mirent jadis à la mode les frères Schneider à l’Arsenal aujourd’hui disparu, velouté de légumes du marché et croûtons à l’ail, cervelas obernois (bardé et farci de fromage), avec salade verte, solide jarret de porc braisé à la bière brune « black by Licorne », servi avec ses spaetzle, plus une série de bibeleskäs (le fromage blanc aux herbes) accompagnés de galettes de pommes de terre (« grumbeerekeichle »), au munster et jambon de la forêt noire ou au saumon fumé (où les oeufs de lump sont franchement inutiles) assurent gaiement.
On ajoute les plaisants desserts pareillement régionaux (strudel aux pommes, kougelhopf glacé et crème anglaise), plus les bières pression (Licorne, Karlsbrau Uhr-Pils ou Rothaus de Forêt Noire, malheureusement pas servie, cette dernière, dans le verre adéquat, même si la qualité y est), mais aussi le riesling Brandluft du domaine Emile Boeckel à Mittelbergheim ou encore l’elsasser café, variante locale de l’irish coffee avec kirsch qui font des escortes de choix.
La maison ouvre d’ailleurs à toute heure pour un verre ou une tartine. Bref, voilà une halte sympathique dans le coeur battant du Strasbourg touristique.












