Jeanette
« Grenoble : le goût de l’époque chez Jeanette »
C’est une équipe sympathique d’autodidactes (même si deux d’entre elles ont travaillé La Corne d’Or à Corenc) ou presque qui déménagent et donnent de la vie à leur petite maison sur deux étages : Thaïs Gianetti, Chloé Wen Berthelet, Manon Bocquentin, toutes trois en cuisine, Armelle Klein (en salle et au conseil des vins).
La façade bleu a du chic et du peps, le décor et simple et chaleureux, le service rapide. Les plats sont savoureux, souvent brut de décoffrage, sans chichi dans la présentation et – il est vrai – guère instragramables. Mais l’essentiel est ailleurs. Le style et l’esprit maison, buissonnier, éco-responsable, aisément durable.
Un menu alerte au déjeuner (deux jours par semaines seulement), plus fourni le soir (quatre dîners), permet de goûter les idées du moment. Il y a des mets bien dans le ton de l’époque, des clins d’oeil au terroir auvergnat et italien, sans oublier l’Isère, bien sûr. Le pastrami maison de la ferme de Rony, avec chou rouge et aneth ou les poireaux, grillés (et manquant un peu de moelleux), avec sauce gribiche et quinoa soufflé font des entrées en matière dans le ton.
On embraye sur les délicieux agnolotti au potimarron, comme à Mantoue, mais avec noisettes, parmesan, chapelure et sauge. Et on poursuit avec le veau de Salers, mi-tendre, relevé d’un jus de viande aux anchois, avec purée chou-fleur et pleurotes sautées. Les desserts jouent une ligne audacieuse et rigoureuse : baba au agrumes, crème chantilly et vanille ou crème glacée aux cèpes, streusel, cacao sarrasin, meringue et chocolat.
Et, côté vins, on goûte le joli « Toubifri » « en attendant la pluie » des Pyrénées-Orientales au domaine du Possible mêlant syrah, mourvèdre, grenache gris, cinsault et carignan noir avec élégance. On y ambiance une ambiance pleine de gaîté, où l’on se parle volontiers d’une table l’autres.Voilà une maison primesautière en devenir !













