L'Ami Pierre
« Paris 11e : sacré Ami Pierre ! »
Le lieu est magique, avec sa vitre gravée à l’acide qui indique « à l’ancien rebouteux » et précise « bistrot à vin » – avis aux amateurs d’eau -, sa belle façade rouge vif dans une rue improbable, au coeur d’un ancien quartier d’artisan, son air de boyau d’autrefois, son zinc d’entrée où l’on s’attarde, verre de Quincy (signé Bernard Goureau) en main.
Le patron, Robin Greiner, qui boit volontiers le verre du jour avec ses ouailles, fut d’abord longtemps client de la maison (et architecte dans le quartier) au temps de la légendaire Marie-Jo avant de racheter ce bar à vin beau comme un camion dont il a peaufiné la déco. Des photos d’art aux murs jouxtent des casiers à vins, un texte manuscrit d’Antoine Blondin et sa photo (dont RG rappelle à tous la sentence selon laquelle « le zinc est le seul métal conducteur d’amitié« ), mais aussi des couvertures provocatrices de Charlie Hebdo ou une photo d’Eddy Mitchell donnent le ton du lieu.
Robin, qu’un rien de ressemblance avec Elton John, pourrait faire passer pour une star du show biz ou de la télé-réalité, pousse volontiers la chansonnette, entame « la Javanaise« , hommage à Gainsbourg, ou « la Dernière Séance« , selon Claude Moine, alias « Schmoll », alias Eddy M. Tandis qu’une clientèle d’afficionados ravis entonne un refrain avec lui, tout en bectant de fort jolie façon.
Salade de haddock et œuf poché, escargots persillés façon bouchée à la reine, filet de hareng aux pommes tièdes, filet de saumon et petits légumes, confit de canard et pois gourmands, andouillette de Bretagne sauce moutarde et pommes sautées, mignon de cochon en sucré/salé s’arrosent gaiement et dignement de fruité chiroubles de Ludovic Charvet
On achève sur une tarte Tatin avec sa crème crue, un mi-cuit au chocolat avec sa crème anglaise ou une crème brûlée, selon les idées du jour, sans omettre d’aller vider un verre de calvados de Coquerel, tout en réglant une note (raisonnable) au bar. On a passé là une soirée formidable en se disant que l’on fera vite partie des habitués. Sacré ami Robin !














