Dieu est un garçon noir à lunettes
En 1989, à Dar es Salam, dans un quartier résidentiel, le monde est passé à la lorgnette de la petite Adi, qui a six ans et dont le père est à la fois mathématicien et diplomate zaïrois, souvent absent de la maison, sévère avec les siens, essayant d’être juste. La famille est nombreuse, Dina la grande soeur, vit d’étranges aventures, Maï, le petit dernier est souvent malade, au grand dam de sa mère qui tente de gérer tout son monde. Il y a aussi le voisin maléfique, Monsieur Eléphant qui abuse de la petite Adi. Plus Dieu qui est omniprésent. Tandis que grondent les guerres civiles, Adi s’interroge, s’étonne, grandit, malgré les siens, en observant Dina et la meilleure amie de cette dernière qui porte presque le même prénom Dima. Drôle, tempétueux, vif, coloré, ce premier roman paru et lauréé en Suède, rédigé en suédois par une zaïroise de naissance qui conjugue ici force et vigueur, fausse naïveté et nostalgie bien tempérée.
Dieu est un garçon noir à lunettes, de Kayo Mpoyi, traduit du suédois par Anna Gibson (La Belle Etoile/Hachette Livre, 300 pages, 21,90 €)








