La famille française selon Christian Signol
Voilà un auteur qu’on suit depuis belle lurette, qui a su magnifier les gens et les terres de ce que mon vieux pote Robert Sabatier nommait « la Belle France », celle du Sud Ouest, des causses, des points de passage et de partage entre Massif Central et Sud Ouest, Quercy et Dordogne, parages de Corrèze. Christian Signol, donc, c’est bien de lui qu’il s’agit reprend l’héritage d’un Bernard Clavel ou d’un Claude Michelet, évoquant des personnages enracinés attachés à leur ferme et à leurs terres. Un monde qui meurt? Ou qui renaît? Voilà une famille paysanne, à l’orée des années 1950, dont on suit la destinée jusqu’à nos journées. Tandis que François, le cadet des Bastide relaye son père à la ferme, l’aîné, poussé par la mère, va entamer puis prolonger ses études et devenir professeur en banlieue, puis à Paris. Il y connaîtra femme, pro’ de maths, ils auront des enfants courant le monde. Mais lui n’oubliera jamais ses racines. Même si le monde passe trop vite, si le « village global » d’internet, la folie des iphones le dépassent. Si le monde qui va et vient, les changements d’époque, de présidents, les réformes avortées de l’enseignement, qui font valser les ministres, de Savary à Devaquet, le terrorisme, les attentats, l’école qui bouge avec ses élèves de plus turbulents, insolents ou violents le navre. Signol, celui de la Rivière Espérance, bien sûr, mais aussi d’une si belle école et de l’Ecole des beaux jours est là tout entier avec sa tendresse pour ses personnages, son humanité. Comme toujours et contrairement à la formule de Gide, il prouve que l’on peut faire de la bonne littérature avec de bons sentiments. Cette « famille française », qui évoque le demi-siècle passé et même un plus, rédigée avec se lit avec une aisance constante, fait simplement chaud au coeur.
Une famille française de Christian Signol (Albin Michel, 420 pages),









