Les lignes de vie de Jean-Paul Enthoven
Il place ses pas dans les traces de Casanova et du prince de Ligne, fait revivre Aragon qu’il croisa au soir de sa vie entre le premier étage de Bofinger (le soir du 10 mai 1981) et la rue de Varenne, évoque, avec mille anecdotes agiles, Scott et Zelda Fitzgerald, François Truffaut, le suicide de Mishima, les amours d’Heddy Lamar, , Françoise Sagan et Proust, Camus (« métaphysicien, viril et jouisseur« ) qui aima Maria Casarès rue de Chanaleilles, se lamente sur la vieillesse de Milan Kundera, égratigne au passage Bernard Frank, qui a eu le malheur de se tromper dans son prénom en lui dédicaçant un livre, ou Michel Tournier « qui semble traduit de l’allemand« . Ces « lignes de vie » forment un livre libre, une réflexion buissonnière, un bilan sinueux, celui d’une vie consacrée à l’amour de la vie, de la littérature, des autres, mais aussi de lui-même, entrecoupée de plaisantes « soties » (comme celle de cet écrivain qui lui ressemble, tendre et désespéré, qui réussit à tuer le tueur à gages envoyé par une amoureuse éconduite, avant d’en finir lui-même). Dandy, séducteur, saturnien, expert en tout, grand lecteur et curieux indécrottable, homme de style et d’élégance, Jean-Paul Enthoven nous donne là un livre drôle, vif, riche, jamais ennuyeux, proprement inépuisable.
Lignes de vie, de Jean-Paul Enthoven (Grasset, 285 pages, 20,90 €).








