Paris 9e : Solignac le magnifique

Article du 31 octobre 2026

Vincent Solignac © GP

 

On l’avait découvert avant l’été, ce rade bistrotier d’exception. Et voilà  qu’on y retourne à l’orée de l’automne avec la même joie. Même salle pleine de vie, même accueil qui vous met à l’aise en deux secondes, même cuisine de bistrot généreuse, précise et joyeuse : chez Vincent Solignac, l’affaire n’a rien perdu de son allant. Bien au contraire. Ses « Sardignac » ont ce quelque chose de rare qui fait les grandes maisons de quartier : on y vient pour déjeuner et l’on reste volontiers pour refaire le monde.

Oeuf mayo, sarrasin et ail noir  © GP

Le lieu figure un Paris que l’on aime, celui des bistrots vivants, des comptoirs qui ont une âme, des copains qui se retrouvent autour d’un verre et des tables où les conversations débordent largement l’assiette. Ce jour-là, avec Jean-François Derec, on croise aussi Gilbert Melki, manifestement habitué des lieux. Ce qui, dans le genre, vaut presque certificat d’authenticité : les comédiens savent reconnaître les bons décors et les bonnes tables.

Justine et les croques © GP

À déjeuner, les Sardignac jouent collectif et sans chichis, avec Justine, la fille de Vincent, aubergiste et comédien, aux pianos : assortiment de croques — gouda aux truffes, pastrami, jambon blanc prince de Paris, version végé —, anchois de Cantabrie, tarama maison et brioche toastée, terrine de campagne. (un poil sèche, toutefois, notre seul bémol), œufs mayo à l’ail noir et sarrasin grillé ou encore burrata et courges rôties au kumquat, sans omettre la gourmande brioche perdue aux champignons et œuf confit.

Courge et burrata © GP

Puis viennent les choses sérieuses : comme cette aile de raie à la grenobloise, au potimarron rôti et chou pak choï, un faux-filet avec son gratin dauphinois et sa sauce au poivre, un délicat effiloché d’agneau avec féta, choux rouge vinaigré et pain pita ou encore un tartare de veau aux câpres, anchois, oignons, parmesan et pommes grenailles. Le risotto aux morilles, champignons et savagnin fait également partie des plats qui donnent envie de revenir.

Risotto aux champignons © GP

On achève avec les madeleines maison, avec crème montée, dukkah et figues rôties au miel, le riz au lait à la rhubarbe et pistaches caramélisées, le cheese cake au citron façon lemon curd ou encore la mousse au chocolat au crumble d’amandes qui prolongent le plaisir.

Effiloché d’agneau, féta et pita © GP

Et dans les verres, on ne plaisante guère : l’arbois blanc issu de chardonnay 2023 du domaine Rolet flirte avec le riche muscadet Contre-Courant 2022 de Ménard-Gaborit, le suave bandol rouge 2022 de la Bastide Blanche jouxte le morgon « Bellevue » de Jonathan Pey, ou encore la plantureuse sarrasine du domaine du Serre Vignes à Grignan-les-Adhémar avant de revenir aux classiques d’un saint-georges saint-émilion du Château Saint-Georges 2016.

Cheese cake au citron ©

On achève sur un vieux cognac de chez Painturaud, histoire de s’attarder sur le magnifique comptoir en bois. Les Sardignac, c’est donc cela : de la bonne chère, de bons vins, des assiettes qui ne jouent pas à être plus savantes qu’elles ne sont, et surtout une vraie atmosphère. Un bistrot français comme on les aime, avec de la générosité, du caractère et cette petite folie qui fait qu’on en sort en se disant qu’il faudra revenir. C’est ce qu’on a fait. Et c’est ce qu’on refera.

GP et J-F Derec © GP

 

Les Sardignac

27 rue Richer
Paris 9e
Tél. 09 83 62 81 97
Menus : 24 (déj., form.) €.
Carte : 35-50 €
Fermeture hebdo. : Samedi midi, dim.
Métro(s) proche(s) : Grands Boulevards
Site: www.lessardignac.fr

 

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Publié le  31 octobre 2026 par

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