Paris 18e : dimanche gourmand à La Mascotte

Article du 9 octobre 2026

Thierry Campion © GP

Dimanche à Montmartre, direction La Mascotte, rue des Abbesses, chez Thierry Campion, pour un déjeuner qui a tout du bon rendez-vous parisien : joyeux, vivant, populaire sans être négligé, et surtout diablement convivial. La maison, créée en 1889 et aujourd’hui tenue par Thierry et son fils Guillaume, joue ici sur trois tableaux sans jamais perdre son âme : la grande terrasse pour les visiteurs de passage, le bar et le bistrot pour les habitués, et, sur l’arrière, une salle plus sage, façon Maxim’s pour budgets moyens, avec ses belles tables nappées destinée à ceux qui veulent déjeuner confortablement sans faire exploser l’addition.

Une table © GP

La Mascotte, c’est d’abord une affaire d’ambiance. Ça parle, ça rit, ça commande des huîtres, du poisson, des fruits de mer, un verre de blanc ou une bouteille de rouge. Et le service, ce dimanche comme les jours de semaine, est au taquet : rapide, présent, efficace, avec cette petite mécanique bien huilée des maisons qui savent recevoir du monde sans donner l’impression de courir après le temps.

Oeuf en gelée de coquillages et raifort © GP

Dans l’assiette, on commence marin, forcément : poireau brûlé et chair de tourteau, sauce cocktail, puis œuf en gelée de coquillages et mousse au raifort, avant un tartare de saumon d’Écosse aux algues de Roscoff. Les Baby Kys spéciales de Bretagne n°5 arrivent ensuite, iodées et charnues, comme il se doit dans cette maison qui reste l’une des grandes adresses montmartroises pour les coquillages et les crustacés. La carte actuelle confirme cette vocation maritime, avec une belle place accordée aux huîtres, poissons et plateaux de fruits de mer.

Poireaux brûlés et tourteau © GP

Puis viennent les choses sérieuses : volaille de Bresse rôtie, poêlée de légumes verts et jus de viande, selle d’agneau à la plancha, petits pois à la française, ou encore cette belle sole de Loctudy, proposée à la meunière ou à la plancha qu’on découpe avec maestria au guéridon. Les moules normandes à la crème, avec leurs frites maison, rappellent à leur manière que La Mascotte sait aussi faire dans le réconfort franc et sans chichis. Et pour finir, l’assiette de fromages d’Auvergne et d’Aveyron — saint-nectaire, cantal, écir — puis fraises Melba et glaces Berthillon, chocolat et vanille.

Découpe de la sole © GP

Côté liquides, c’est justement ce que l’on aime ici : une carte des vins qui ne cherche pas à jouer les précieuses et sait rester fréquentable, comme le vif touraine blanc « Ante Vinum » du château de Quinçay, signé par la famille Cadart, puis le fruité morgon « Les Dryades » du domaine du Petit Pérou, Thevenet et fils, et le magnifique chiroubles, tout de fraîcheur et fruit, du domaine Cheysson. Mention spéciale aux dix crus de beaujolais proposés à des tarifs qui gardent encore le sens du mot sagesse. Et pour conclure, une chartreuse verte de Voiron, histoire de mettre tout le monde d’accord.

Moules frites GP

Bref, la Mascotte n’est ni seulement la terrasse où l’on regarde passer Montmartre, ni seulement le vieux bistrot à fruits de mer des Abbesses. C’est une maison à plusieurs visages, capable de réunir touristes, voisins, copains du quartier et amateurs de bonne chère autour d’une même table. Une brasserie qui a compris qu’à Paris, le vrai luxe reste parfois très simplement celui d’un déjeuner du dimanche où l’on se sent bien.

Fraise Melba © GP

La Mascotte

52 rue des Abbesses, Paris 18e
Tél. : 01 46 06 28 15
Horaires : 7h-0h, tous les jours
Fermeture hebdomadaire : aucune
Métro : Abbesses, Blanche ou Pigalle
Site : la-mascotte-montmartre.com

 

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Publié le  9 octobre 2026 par
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