Troyes : la magie de la Maison de Rhodes
Il faut parfois venir à Troyes pour comprendre que l’hôtel peut être, à lui seul, une raison de voyager. La Maison de Rhodes est de ces endroits rares où l’on ne se contente pas de poser sa valise : on entre dans une histoire. Au pied de la cathédrale, cette ancienne demeure templière en pans de bois, avec sa cour pavée et son jardin médiéval, compose l’un des décors les plus singuliers de la ville. Un endroit magique, presque hors du temps, et qui justifie à lui seul le détour par Troyes.
La Maison de Rhodes est en quelque sorte le jumeau cinq étoiles du Champ des Oiseaux, son voisin et son complice quatre étoiles, mais avec une allure plus majestueuse, plus secrète, plus patinée. Les deux maisons sont nées d’un même travail de restauration et racontent, chacune à leur manière, la renaissance du patrimoine troyen. Le Champ des Oiseaux avait ouvert la voie sous le sceau de Monique Boisseaux, enseignante férue de déco.
La Maison de Rhodes, maison mitoyenne du XIIe, tenue d’abord par son fils de Monique, Thierry Carcassin et inaugurée en 2003 après une restauration particulièrement ambitieuse, pousse le curseur jusqu’au cinq étoiles. L’objectif était alors de conserver l’âme de la demeure tout en offrant des chambres plus vastes et un confort contemporain. Pari tenu, sous la houlette de Julie Ennadifi, la fille de Monique, et tenu avec minutie par son mari Kamil, originaire de Rabat et qui a travaillé à Marrakech.
Ici, les siècles ne sont pas mis sous cloche. Ils vivent. Poutres anciennes, charpentes apparentes, pierres, tomettes, meubles patinés, plafonds à la française éclairés de tons pastel : tout concourt à cette impression délicieuse d’habiter un décor ancien sans renoncer au confort d’aujourd’hui. Et puis il y a cette cour intérieure, ce jardin médiéval, la piscine aux beaux jours, le feu de cheminée quand vient l’hiver. On se surprend à ralentir, à prendre le temps d’un verre, d’un petit déjeuner, d’un dîner, et surtout à ne plus avoir très envie de repartir.
La maison compte seulement onze chambres et suites : assez peu pour conserver cette intimité qui fait tout son charme, assez pour donner à l’ensemble l’allure d’une véritable demeure privée. Le spa, avec son sauna, sa balnéothérapie et ses massages sur réservation, complète cette parenthèse. Plus sa table intime, avec vingtaine de couverts et la cuisine soignée d’un jeune ancien de la Mamounia. La cathédrale est là, à deux pas, en voisine, et le magnifique musée d’art contemporain, comme si l’on avait installé un hôtel particulier au milieu du grand livre d’histoire de la Champagne éternelle.
On connaît Troyes pour ses églises, ses vitraux, ses maisons colorées, ses Halles, ses produits gourmands (chocolat, andouillette ou prunelle, sans omettre le vignoble champenois si proche à Montgueux) et désormais pour ses jeunes tables qui réveillent la ville. Mais il faut aussi la vivre le soir, quand les rues se calment et que la Maison de Rhodes devient refuge. C’est alors que l’on comprend vraiment ce qui rend cette adresse si précieuse : elle ne cherche pas à fabriquer du passé, elle habite le sien.
Un hôtel qui possède une âme, un vrai décor, une histoire et ce petit supplément d’âme qui manque à tant de cinq étoiles. À Troyes, la Maison de Rhodes n’est pas seulement une adresse où dormir : c’est une destination dans la destination. Et, bien sûr, elle justifie à elle seule le voyage. Splendide petit-déjeuner avec les produits du pays.
La Maison de Rhodes
18 rue Linard Gonthier
10000 Troyes
Tél. : 03 25 43 11 11
Chambres : 279-539 €
Site internet : maisonderhodes.com













