Le goût de la famille : quand les Rostang passent à table

Article du 8 octobre 2026

Chez les Rostang, la cuisine est une affaire de famille, de transmission et de mémoire. Une histoire commencée avec grand-papa Jo, trois étoiles à Sassenage et à Antibes, puis. avec papa Michel deux étoiles à Paris, prolongée par Caroline et Sophie, et qui se raconte ici sans grandiloquence, avec ce qu’il faut de gourmandise et de malice. Caroline Rostang, qui dirige aujourd’hui Dessirier avec sa sœur, mais aussi l’iconique Train Bleu, ouvre le livre de famille et fait passer à table les recettes qui ont compté, celles que l’on refait parce qu’elles sont bonnes, parce qu’elles rassurent, parce qu’elles ont une histoire.

Au fil des pages, les recettes ont le bon goût des maisons où l’on reçoit vraiment au fil de saisons : œufs cocotte, poireaux vinaigrette, artichauts poivrade sauce anchoïade, salade de pois chiches, gratin de moules de papi Jean au Pique-pierre grenoblois et, bien sûr, gratin dauphinois, ratatouille confite, blanquette, épaule d’agneau fondante, boeuf mironton, poulet rôti, coquilles Saint-Jacques, mais aussi quelques préparations plus canailles (oeufs cordon bleu de Johnny) et des desserts, style tarte aux pommes grand-mère, gâteau au chocolat ou oeuf au lait qui donnent envie de remettre le couvert. Rien de prétentieux : du produit, du goût, des gestes sûrs et cette science très française de transformer une cuisine quotidienne en petite fête.

On retrouve surtout ce qui fait le charme de la cuisine Rostang : le respect du produit sans le transformer en objet de laboratoire, le goût des sauces, des jus, des plats mijotés, des recettes qui tiennent au corps et au cœur. Ici, pas besoin de quinze ingrédients introuvables ni de matériel de compétition : la gourmandise ne réclame pas de diplôme. Avec Catherine Roig pour les textes et Emanuela Cino derrière l’objectif, Caroline Rostang signe ainsi plus qu’un livre de recettes. Un album gourmand, tendre sans être mièvre, savant sans faire la leçon, où l’on sent derrière chaque plat une histoire de famille. Et finalement, le plus joli des ingrédients est peut-être celui-là : cuisiner comme on aime, pour ceux qu’on aime. Chez les Rostang, cela fait  plusieurs générations que ça fonctionne.

Le goût de la famille, de Caroline Rostang (Hachette Cuisine, 288 pages, 39,95 €)

 

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Publié le  8 octobre 2026 par
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