Montgueux : Hélène Beaugrand ou le champagne au grand soleil

Article du 8 octobre 2026

Hélè!ne Beaugrand © GP

À Montgueux, le champagne a longtemps dû se battre pour être reconnu. Il faut dire que le village – ce « Montrachet de la Champagne« , perché sur son coteau de silex et de craie exposé plein sud, n’a rien d’un vignoble mondain. Mais c’est justement ce qui fait son charme. Et l’histoire familiale des Beaugrand n’y est pas pour rien : le grand-père d’Hélène, Léon Beaugrand, est celui qui, en 1927, obtient pour Montgueux l’appellation d’origine contrôlée Champagne, après la première déclaration de récolte familiale effectuée en 1919. Une belle responsabilité, donc, que sa petite-fille assume aujourd’hui avec une personnalité bien à elle.

Les vignes de Montgueux ©-Troyes-La-Champagne

Hélène Beaugrand crée sa propre maison en 2018, après la division des terres familiales. Elle connaît déjà parfaitement le monde du vin, puisqu’elle a travaillé comme agent commercial pour les vins du Languedoc-Roussillon, après s’être formée en œnologie et avoir bourlingué de l’Afrique du Sud à la Nouvelle-Zélande, en passant par l’Australie, la Californie et le Mexique. En 2008, elle revient au domaine familial et travaille à la vinification avant de prendre son indépendance dix ans plus tard.

Au coeur des racines © GP

Elle travaille aujourd’hui sur cinq hectares — Montgueux en compte environ 213 — et choisit de vinifier uniquement en parcellaire. Chardonnay, meunier, un peu de pinot noir, bientôt du pinot blanc : la gamme est à l’image du coteau, lumineuse et singulière. Ici, le silex et la craie, sous une exposition sud à sud-est particulièrement ensoleillée, donnent des vins à la fois riches et salins. La maison travaille en cuves inox, avec des dosages très mesurés, entre zéro et trois grammes selon les cuvées, et des élevages suffisamment longs pour laisser aux champagnes le temps de prendre leur dimension.

Derrière la Cabane © GP

Hélène travaille désormais avec son fils Cédric, 27 ans, et la transmission prend ainsi une tournure très concrète : sixième génération de vignerons dans la famille. La production varie entre 15 000 et 28 000 bouteilles selon les années, dans une gamme qui va de 29 à 69 euros. Pas de grosse machine ici, mais une maison à taille humaine qui entend bien faire parler ses parcelles plutôt que le marketing.

Eclat du soleil © GP

Les cuvées racontent cette volonté de précision. « Éclat du Soleil », pur meunier, brut nature 2017, joue la carte du fruit et de la franchise, sans dosage pour arrondir les angles. « Le Grand Carré », blanc de blancs de chardonnay, parcellaire et brut nature, affiche la pureté et la tension du coteau. « Au Cœur des Racines », millésime 2018 dans la gamme actuelle du domaine, 100 % chardonnay et extra-brut à 2 g/l, va chercher davantage de profondeur, avec cinq ans de vieillissement. « Derrière la Cabane », autre 100 % chardonnay parcellaire, en extra-brut, prolonge cette lecture précise des terres.

Le Grand Carré © GP

Chez Hélène Beaugrand, le champagne ne cherche donc pas à faire du bruit : il cherche à faire parler Montgueux. Du silex, de la craie, du soleil, des parcelles, quelques grammes de dosage quand il en faut et surtout cette vieille histoire familiale qui remonte à Léon Beaugrand. Voilà une vigneronne qui n’oublie pas d’où elle vient, mais qui n’entend surtout pas y rester.

Hélène et ses flacons © GP

 

Champagne Hélène Beaugrand

4 rue Léon Beaugrand
10300 Montgueux
Tél. : 06 03 24 87 59
Horaires : visites et dégustations sur rendez-vous
Site : champagne-helenebeaugrand.fr

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Publié le  8 octobre 2026 par

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