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Auberge de Noves

« Noves: ce Lalleman est un oiseau rare »

Article du 18 mai 2014
Robert Lalleman © GP

Robert Lalleman © GP

Voilà une maison qui a une histoire, dans son parc ombragé, perdu dans la banlieue d’Avignon, en lisière de la mythique N7, cachée par une forêt de chênes et un nœud autoroutier. André, le père, qui a pris sa retraite forcée, rayonnait en salle, avec ses chemises blanches à col cardinal, sa mine chanoinesse, sa truculence naturelle, ses bons mots assassins. Robert, le fils, beau gars malicieux, mais discret, est devenu patron non seulement des fourneaux, mais de la maison, après un aller/retour aux Seychelles, via le Lemuria. Chez les Lalleman, quand on se fâche, on met au moins deux océans entre soi et soi.

Maquereau et grecque de légumes © GP

Maquereau et grecque de légumes © GP

La mère d’André avait gagné une 3e étoile à la demeure, trois ans après sa création en 1958, qui était demeurée là dix ans. Puis la maison en eut deux, puis une. Elle reste prestigieuse. Fut longtemps l’un des piliers, après avoir été l’un des pionniers, des Relais & Châteaux, avant d’intégrer les Châteaux & Hôtels Collection d’Alain Ducasse. Ce qui ne l’empêche pas de jouer les auberges débonnaires, avec son déjeuner léger comme l’air à 45 €. Pour ce tarif, Robert, qui travailla chez Hiély-Lucullus, Pic, Chapel, Troisgros, Raymond Blanc près d’Oxford et au Schoss Hugenpoet d’Essen, fait voir plus que bout de son talent.

Lotte et artichauts © GP

Lotte et artichauts © GP

On se régale, au jardin sous les ombrages, de grecque de légumes avec son  maquereau mariné au vin blanc d’ici, magnifique (et si classique) royale de Méditerranée avec son homard « bonne femme », lotte rôtie – pêchée par le bateau Laura – avec son « os » et sa queue, sans omettre un de ces plats bourgeois, à la fois magique et intemporels, figurant au menu «  Provence & Nature », qui lutte, à sa manière agile, contre les émulsions, les jus de légumes à tout va et le goût du jour. Ainsi, le juteux agneau avec son carré et son « canon » rôti au sel d’ail.

Agneau rôti au sel d'ail © GP

Agneau rôti au sel d’ail © GP

Il y a encore le chèvre de « tout à côté », servi avec sa confiture de citre maison, et enfin ces fraîches issues, dignes des treize desserts de Noël : pomélos confit et sorbet fraise de Fontvieille, fraises encore tiédie au miel de l’auberge, chocolat et arabica (en direct de chez un torréfacteur artisan du proche bourg de Châteaurenard).

Pomelos et sorbet fraise © GP

Pomelos et sorbet fraise © GP

C’est simple comme bonjour et cela frise la perfection. Avec un service enlevé et une cave séductrice (frais Mont Redon en châteauneuf, glorieuse côte rôtie de Jasmin), voilà une demeure qui ne demande qu’à être redécouverte. Par la proche gare TGV, Noves est à moins de 3h de Paris. Si on s’y retrouvait ?

Fraises tiédies au miel © GP

Fraises tiédies au miel © GP

Auberge de Noves

Domaine du Devès, D28
13550 Noves
Tél. 04 90 24 28 28
Chambres : 190-400 €
Menus : 50 (formule, déj.), 68, 125 €
Carte : 80-140 €
Horaires : 12h-14h, 19h30-21h45
Fermeture hebdo. : Lundi, mardi
Site: www.aubergedenoves.com

A propos de cet article

Publié le 18 mai 2014 par

Auberge de Noves” : 2 avis

  • Christophe Picard

    Une Maison idéale pour se reposer dans des chambres spacieuses, un belle et grande piscine dans la pinède et pour se faire plaisir une cave « extraordinaire » avec une cuisine traditionnelle et également audacieuse comme mon pêché mignon, le tartare de boeuf au couteau mais avec un lit de caviar et une glace à la sauce d’huitre, j’en rêve en l’écrivant.
    Vivement Pentecôte!!!

  • Nicola van Heemsbergen

    Une très belle maison!

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