Marignan

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Article du 11 mars 2014
Service © GP

Service © GP

Le lieu, beau, certes, luxueux, sans doute, design aussi, et coloré, sous la patte du concepteur Pierre Yovanovitch (les toilettes valent notamment le détour). Mais la table pêche un peu. Je vous en ai parlé, pas vraiment en bien, en octobre dernier. Mon vieux pote Albert Nahmias m’y a ramené avec force arguments d’amitié.

Sardines © GP

Sardines © GP

J’y ai même retrouvé cette vieille connaissance lorraine qu’est Dominick Adrian, rencontré jadis au Grand à Amsterdam, au Relais du Parc dans le 16e avenue Raymond Poincaré, sans omettre le Warwick, et qui déjeunait ce jour là en compagnie de Pierre Ferchaud, un des grands métiers qui fut notamment longtemps à la direction du Bristol.

Crème de homard © GP

Crème de homard © GP

Bref, il y avait là tout pour plaire. Et je vais vous la faire courte, après l’avoir faite longue. Si le cadre est toujours charmeur, quoique sans fenêtres, à fond d’hôtel (il y eut jadis le Spoon, sur le devant et face à la rue), la cuisine elle, dans un registre néo-costien, peine à séduire. La crème de homard, si tomatée qu’elle ressemble davantage à un soupe de tomate qu’à une bisque, n’est pas mal, les sardines de José Penas  (à 19 € tout de même, mais ce sont des « sardines de luxe », comme le précise la carte), sont honnêtes.

Magret et purée © GP

Magret et purée © GP

Le magret avec sa purée de pommes de terre n’est pas éclatant et le « chicken & chips », sur le modèle des fish & chips, mais avec des bâtonnets qui ressemblent franchement à des nuggets un peu secs, n’est pas terrible pour ne pas dire moins (les frites sont assez quelconques – et leur fraîcheur pas évidente).

Chicken & chips © GP

Chicken & chips © GP

In fine, la crème caramel XXL dite « à partager ou seul si vous êtes téméraire » (précise la carte) ressemble aux entremets franco-russes de notre enfance, genre gélatineux et tremblotant, avec sa sauce caramel sans grand goût autre que le sucre (non salé). Le maître d’hôtel qui ressemble à Pierre Niney dans le film sur YSL de Jalil Lespert fait ce qu’il peut pour animer une salle qui manque de vie. On sait que la carte est signée par le MOF 1997, Filipe Da Assuncao, formé chez Jamin au temps de Robuchon, qui fut le chef du Mariott des Champs-Elysées, et l’on se doute qu’il peut sans doute mieux que ce registre genre sous-brasserie tendance mal fagotée et prétentieuse, qui semble imposée par la famille Richard et la fifille Nathalie propriétaire de la demeure.

Crème Caramel XXL © GP

Crème Caramel XXL © GP

Terminons sur une note positive avec l’exquis Moulin La Gravière Lalande de Pomerol signé Catherine Péré-Vergé, proposé au verre à 9 €. Et mille pardons au copain Albert qui va sans doute être déçu en lisant ces lignes difficiles. Reste que, comme disait ce brave Lénine qu’on est toujours heureux de citer à propos, « les faits sont têtus, mais ils sont les faits« .

Moulin La Gravière © GP

Moulin La Gravière © GP

Marignan

12-14, rue de Marignan
Paris 8e
Tél. 01 40 76 34 56
Carte : 70-90 €
Métro(s) proche(s) : Franklin D. Roosevelt
Site: www.hotelmarignanelyseesparis.com/fr/restaurant-bar/restaurant

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Publié le 11 mars 2014 par

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