S'Bastberger Stuewel
« Imbsheim: le chaudron d’Anny »
A deux pas de Bouxwiller, dans cette Alsace de tradition que constitue le pays de Hanau,  Imbsheim est un village rustique comme autrefois, avec son église au clocher pointu, ses granges fleuries, ses façades peintes avec soin. Il est dominé par le proche Bastberg, le mini-mont Blanc local (qui culmine à 332 mètres), où les sorcières, au Moyen Age, faisaient leur sabbat, alors qu’on les pendait au voisin Galgenberg. Leur dernier repas (Imbiss) avait lieu ici même.
C’est cette tradition ésotérique que prolonge la jolie winstub champêtre et fleurie d’Anny Reixel qui lui est dédiée. Ce Batsberger Stulwel (autrement dit « le chaudron du Batsberg») ne propose en guise de potion magique que la bière Météor servie à la pression et divers crus comme le riesling de la famille Haag (également propriétaire de Météor à Hochfelden), qui tient ici quelques unes de ses quartiers de campagne.
On vient là pour l’accueil d’Anny, toujours virevoltante, et celui de Pierre qui surveille le bar – et les trois tireuses de bière !- avec efficacité. Mais aussi pour l’ambiance chaleureuse, la terrasse d’été, les salles diverses, certaines en étages, les inscriptions en dialecte fantaisiste aux murs qui accumulent, en vert et rouge. Ces vieux proverbes locaux, peints sur les murs et imaginés par le voisin Antoine Haller, professeur d’arts plastiques et passionné par le dialecte, font partie des singularités du lieu.
 On vient écouter les vieux habitués au bar qui parlent l’alsacien comme avant. Sans omettre de faire un sort aux spécialités paysannes, mitonnées sérieux par le fiston Jean-Luc Reixel, qui a travaillé jadis à l’Auberge du Kochersberg à Landersheim. La vedette est tenue, bien sûr, par les tartes flambées, avec leur pâte craquante, leur crème épaisse, proposées en versions variées : nature, gratinée, forestière, sucrée, flambée, au munster à l’ail et à la ciboulette, mais aussi sucrée, aux pommes, arrosées de Grand Marnier ou de calva, bananes et myrtilles.
 Mais les riches mets maison ont également leur mot dire. Ainsi les terrines, la salade de foies de volaille, le feuilleté de munster, les nuddelschnacke qui sont la variante locale des fleischnacka haut-rhinois, les galettes de pommes de terre, la tête de veau sauce ravigote, flanquées d’exquises pommes sautées grand-mère. La bouchée à la reine est ici légendaire, le pied de porc farci est, lui, savoureux autant que généreux, le sandre à la choucroute au raifort n’est pas mal. Quant au « S’Bastberger Pfäennel », il consiste une variante locale, de la raclette avec pommes sautées et jambon fumé.
On peut achever les agapes sur une tarte maison, un strudel aux pommes ou un streussel aux quetsches. Le service d’Anny, relayée par sa souriante belle-fille, Marianne, est plein d’entrain. Bref, voilà une vraie winstub de la campagne où le simple bonheur vient de s’asseoir dans un recoin, d’écouter la musique des conversations qui s’animent et de se dire que l’Alsace, la vieille Alsace, celle d’Hansi et d’Erckmann-Chatrian, a encore, au XXIe siècle, son mot à dire.




















En groupe avec des Savernois, moi-même Savernoises depuis le 5 janvier 2013 seulement, j’ai découvert cet adorable restaurant cette semaine. Habitante de la région déjà avant d’être à Saverne, j’en avais entendu parler mais n’avais jamais eu l’occasion de m’y arrêter. Eh bien, c’est fait ! On nous a servi un excellent pot-au-feu avec un bouillon goûteux, une viande moelleuse et des crudités parfaitement assaisonnées. Il est certain que j’y retournerai régulièrement pour y goûter, en premier, la tête de veau et la sauce ravigote dont je raffole, pour tester la façon de faire du chef. Le décor, bien qu’un peu chargé, donne une atmosphère chaleureuse à cet endroit et nous renvoie au passé de nos grands-mères où, dans chaque foyer, on maniait l’aiguille avec art. De plus, deux belles femmes, la patronne et sa belle-fille, ne sont pas seulement agréables à regarder, mais aussi avenantes et souriantes, ce qui, de nos jours, est plus qu’appréciable alors que, trop souvent, le sourire du personnel se fait désirer bien qu’un sourire n’ait, dit-on, jamais rien coûté !