À table, chez Pudlo sur le Point.fr le 13 mars 2012

Article du 24 mars 2012

Madame de Varambon a traîné ses papilles à l’hôtel Scribe, pour la sortie du « Pudlo Paris 2012 ». « Top Chef » ? Très peu pour elle…

Sortie du guide Pudlo Paris 2012 © Maurice Rougemont

Sortie du guide Pudlo Paris 2012 © Maurice Rougemont

Par Madame de Varambon

Il y a bien sûr les politico-flemmards, non remis du discours de Villepinte, qui préfèrent regarder Sarko sur TF1 comparer l’Europe à une passoire. Il y a aussi les inconditionnels de M6, avachis, assoiffés de suspense, pour qui rater un épisode de Top Chef serait vécu comme un sacrilège. Et puis il y a les autres. Ceux qui n’ont pas peur de parler frontières, espace Schengen, batterie et ustensiles frontalement et sans détour, ceux qui se targuent de confier à Jean-François Piège en personne ce qu’ils pensent de son turbot sauvage au curry et citron vert, de son caviar d’osciètre et de son homard bleu au shiso.

Lundi soir, à l’hôtel Scribe, on avait mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que quand Pudlo met le couvert, il n’hésite pas à sortir le grand jeu. La parution du 22e opus du Pudlo Paris nous offrait un régime anti-crise d’une efficacité pour le moins redoutable. « Le plus grand marché de Paris », me confie-t-on à gauche à la vue des artisans du goût venus des plus grandes maisons pour présenter ce qui se fait de mieux dans nos quartiers, « le meilleur restaurant surtout », renchérit un autre en comptant le nombre de chefs présents. « Pour l’instant, on dîne dans un 19 étoiles, finit-il par lâcher. Mais je n’ai pas encore croisé tout le monde… »

La note parfaite

Bouchées fines, délicates gelées, petits fours et émulsions. Ces 19 étoiles dont vous parliez expliqueraient-elles un tel empressement à l’ouvrage ? Prêt, feu, partez ! comme dans Top Chef, le temps nous est compté. D’abord, jouer des coudes pour obtenir une coupe de champagne, puis se faufiler d’une pièce à l’autre en quête du bon accord, de la meilleure cuisson, de la note parfaite.

Bouchée de Saint-Jacques sur crème d’huître ? Ravioles accompagnées d’une émulsion d’ail ? Ou ces kiwais, curieux petits fruits originaires de Sibérie, à mi-chemin entre le kiwi et la tomate cerise ? Encore faut-il atteindre ces mets délicats… En ces temps troublés par de sempiternels palabres sur le concept de civilisation, les bulles et les pique-assiette nous invitent à la méditation. Diable, ne soyons pas bégueules !

Belle moisson

Les moins barbares sont évidemment à chercher côté terroir. Écoutons donc plutôt le maître de maison nous conter la moisson. Sur scène, un défilé de talents. L’événement de l’année, David Toutain de l’Agapé Substance, mi-ovni, mi-génie ; le jeune chef de l’année, Akrame Benallal, nouvelle coqueluche du 16e, mais aussi Kei Kobayashi, notre cuisinier 2012 décrit par Pudlo comme le « wonder-boy de la nouvelle écurie franco-nippone de Paris ». Sans parler d’Antoine Daccache qui sert à l’Al Mankal les mezzés les plus réputés de la capitale. Un falafel propre à faire la paix au Proche-Orient, nous confie-t-on… Mention spéciale au Métropolitain de Paul-Arthur Berlan récompensé du meilleur qualité-prix.

Que d’hommes ! Que de testostérone ! Heureusement, le bistrot de l’année est tenu par deux femmes. Magalie Marian et Delphine Alcover du Bistro Volnay sont applaudies juste à temps pour sauver le sexe faible… À la bonne heure ! Mais que n’a-t-on pas dit ? Madame de Varambon a encore parlé trop vite. Comment peut-on oublier Colette, l’Auvergnate de la rue de la Pompe, qui brigue fièrement avec son fils le trophée du meilleur fromager ? On lève sa coupe à la santé de Colette, et qu’à cela ne tienne, on ira faire un tour dans le 16e où nous attend la meilleure brique de Courpière. Par péché de gourmandise ? Que non. Juste pour se rattraper…

Pudlo Paris 2012 (ed. Michel Lafon), disponible à partir de 18,95 €

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Publié le 24 mars 2012 par

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