Vienne: une vie de café (s)

Article du 1 décembre 2011

Le café Landtmann © Maurice Rougemont

Institution viennoise par excellence, le café est à Vienne ce que le pub est à Londres, le bouchon à Lyon,  la winstub à Strasbourg: un lieu spirituel et culturel avant d’être gourmand. Indispensable pour comprendre l’âme de la ville. Voici quelques uns des meilleurs.

Frauhenhuber, Himmelpfortgasse 6: élégant, feutré, typiquement viennois, avec son service à l’ancienne et ses habitués de toujours.

Landtmann, 1, Dr Karl-Lueger-Ring 4: près du Burgtheater, une institution viennoise, avec sa belle salle en longueur, sa terrasse sur le Ring, son capuccino fameux, ses pâtisseries, son ambiance vieux viennois habitués.

Schwarzenberg, Kärtner Ring 17: jeune, vivant, animé, sur le Ring.  Une institution qui se rénove.

Bräunerhof, Stallburggasse 2: populaire, veillot, charmant,  chaleureux, enfumé et… authentique. Avec sa clientèle d’habitués, à deux pas de la Hofburg.

Prückel, Stübenring 24: clientèle intello, ambiance et décor années 1950, face au musée des Arts Déco.

Hawelka, Dorotheergasse: bohème, années 1930, volontiers désuet, une sorte de monument en version relaxe.

Central, Herrengasse 14: dans le splendide décor néo-renaissance du Palais Ferstel, avec une pâtisserie exquise, un café rénové à l’ancienne.

MAK, dans le musée des Arts décoratifs: branché, très mode, avec une cuisine moderne assez finaude.

Café Diglas, Wollzeile 10: traditionnel, plein centre, avec une pâtisserie honnête et une clientèle très viennoise.

Attention, y commander le café est un rite. « Kaffee » ne désigne rien de précis, à moins d’appuyer sur la seconde syllabe et de passer… pour un Prussien. On commande un « Schwarzer », c’est-à-dire un café noir ou « expresso », un « Brauner », un café bruni par une goutte de lait, un « Mélange », qui contient autant de café que de lait, un « Verkehrt », avec plus de lait que de café, un « Kapuziner », un café noir avec crème fouettée, un « Franziskaner » le même avec un soupçon de chocolat râpé, un « Moka geschpricht », un « Fiaker » ou un « Einspänner » avec eau de vie ou encore un « Masagran », avec rhum et clous de girofle râpés.

Sachez encore que la vie au café viennois n’est guère comparable à celle des cafés parisiens où l’on prend une boisson en vitesse à table et au comptoir. Dans les établissements sus-nommés, il est bon de s’attarder, de jouer aux cartes avec des amis, de lire – longuement – un journal, – ils sont proposés à demeure et attachés à des spatules en bois -, d’engager la conversation avec le garçon qui se montrera plus familier. Vous passerez alors pour un habitué.

Au MAK © Maurice Rougemont

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Publié le 1 décembre 2011 par

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