L’Ordonnance (Paris 14e) ou le souvenir d’Audiard
On l’a connu rue de l’Estrapade, juste derrière le Panthéon. Ce Lorrain natif de Briey (54) avait fait parler de lui au bistrot dit l’Estrapade avec de jolis mets mijotés. Frédéric Chalette a repris ce qui se nommait le Petit Tonneau, l’a débaptisé, raconte son marché, joue le bistrot sympa. Il eut, si on en croit le Michelin de l’année qui lui accorde un bib gourmand, une jeune chef japonaise, qui, depuis, a dû prendre la fille de l’air.
Le lieu a du caractère, la serveuse a le sourire, les salles, près du comptoir d’entrée, comme en coin boudoir, ne manquent pas de cachet. Côté cuisine, ça change au gré du marché et de la saison. Oeuf poché avec sa bohémienne de légumes et jambon, beignets d’artichauts (ceux à la fleur de courgette annoncés au menu étaient aux abonnés absents) dans une friture un peu épaisse avec une sauce tomatée sans finesse et une salade de roquette aux copeaux de parmesan, cabillaud à l’écrasée de pommes de terre, steak tartare au couteau avec sa salade de roquette au parmesan (comme ci dessus) et des pommes sautées ne sont pas mal.
Un peu lourdingues? En tout cas, gentillets. Proposés, in fine, avec une belle tarte aux abricots escortée d’une glace au lait d’amande, dans un menu carte à 32 €. La fillette (50 cl) de rosé du château de Vaux à 15 €, elle, est un cadeau et un bel hommage rendu au pays mosellan et au joli travail des Molozay du château de Vaux.
Pour la petite histoire, la place Michel Audiard, dédiée au dialoguiste chéri de Georges Lautner et à qui je dois quelques unes des plus vibrantes « pensées du jour » de mon site Facebook, est la porte à côté. Le dit Michel, qui avait écrit là « la Nuit, le jour et toutes les autres nuits » (Denoël, 1980), fréquentait assidument le Petit Tonneau, c’est à dire ce qui était l’Ordonnance, avant Chalette, avec son patron, rond, rubicond et affable d’alors.













