Chez Grisette

« Grisette (18e): un chef d’oeuvre en péril »

Article du 15 novembre 2011

Grisette et son vin © GP

Régine Dumas, alias Grisette, assure qu’elle veut vendre. Ne la laissons pas faire! Elle ferait perdre une partie de son âme au quartier. Le néon dans la nuit qui éclaire sa façade possède le charme des années 1950. Règne dans sa demeure drolatique, avec ses casiers à vins et ses banquettes de moleskine, une lumière de couvre-feu. Bref, on ne sait plus si on chez Doisneau ou chez Autant-Lara.

Escargots © GP

Oeuf en meurette © GP

Le lieu a du caractère, la patronne n’en manque pas. Cette ancienne éducatrice spécialisée saisie par le démon de l’accueil et du bon vin aime recevoir. Fait goûter ses vins coups de coeur avec verve (un morgon de Guignier, une syrah de Villard), tout en vantant avec chaleur les plats malicieux de son chef discret. C’est à la fois bien vu, frais, solide et généreux tout plein.

Brandade de morue et pommes de terre © GP

Boudin du Bruel aux deux pommes © GP

Il y a la Tatin de tomates à l’orange, les escargots venus de la Maison de l’Escargot rue Fondary, avec leur léger beurre persillé et aillé, les oeufs en meurette, la solide brandade de morue avec son écrasée de pommes de terre au basilic, sans omettre le boudin noir de la ferme du Bruel dans le Cantal (dont viennent toutes les charcuteries de la demeure) avec ses deux pommes. En desserts, c’est riz au lait, cheese-cake au spéculos ou semoule au lait d’amandes et abricots. Que du bon, du solide, du gentil tout plein, qui fait chaud au coeur quand le dur froid de Paris sévit au dehors.

Le décor © GP

Chez Grisette

14, rue Houdon
Paris 18e
Fermé déj., sam., dim. 19h-23h. M°: Pigalle/Abbesses
Tél. 01 42 62 04 80
Menus: 27 (formule), 31 €
Site: www.chez-grisette.fr

A propos de cet article

Publié le 15 novembre 2011 par Gilles Pudlowski
Catégorie : Restaurants
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4 commentaire(s) pour “Grisette (18e): un chef d’oeuvre en péril”

  1. Gejomoma dit :

    Contrairement au propos de Allons y Alonzag, les plats de Grisette m’ont toujours ravis à la fois par leur côté rustique et revisité.Personnellement, je ne comprends pas ces obsédés de la moutarde et du sel à tout va, problème de palais, peut être. Chez Grisette, la patronne vous explique, vous conseille et pourquoi pas se laisser guider pour découvrir de nouvelles saveurs.Accessoirement; les choix du vin pour accompagner un plat sont toujours judicieux. Bien sur, les gens ont le droit de ne pas aimer mais dans ce cas là , pourquoi choisir ce restaurant alors qu’on peut trouver dans n’importe quelle brasserie une belle pièce de boeuf gros sel qu’on accompagnera d’une bonne dose de moutarde.

  2. dumas regine dit :

    Je suis la propriétaire de ce lieu, et si je vends c’est que je prends ma retraite bien méritée. Heureusement pour moi, mes clients m’ont suivie et appréciée durant 10 ans.
    et si je me permets de ne pas mettre de cornichons et moutarde dans mes plats et ne pas accepter de cuire trop mes onglets c’est que je suis une professionnelle et sommelière. Les accords mets vins ne s’improvisent pas, c’est une science qui relève de la connaissance et de l’expérience.
    Diriez vous aussi à un chef étoilé que l’on doive rajouter de la moutarde à un plat qu’il a longuement élaboré?
    mes plats ont été élaboré par moi même et mon chef qui sommes tous deux des gens de métier et de passion. Désolée que vous n’ayez pas compris mon propos.

  3. Bouton d'or dit :

    Je partage l’avis d’Alonzag. Nous y sommes allés il y a quelque années, quand j’ai demandé des cornichons pour accompagner ma charcuterie, elle m’a expliqué qu’on ne pouvait pas apprécier un vin rouge si on l’accompagne de cornichon au vinaigre… Pourquoi pas, c’est son point de vue mais je ne le partage pas. Quand je vais au restaurant, je n’apprécie pas qu’on m’impose un diktat, je suis assez grande pour savoir si je dois ou non manger des cornichons avec mon vin rouge. Accessoirement, la cuisine ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable. Ce soir là, la salle était remplie de touristes de passage qui mangeaient soit une planche de charcuterie, soit une assiette de fromages.

  4. Alonzag dit :

    Pour être franc, j’y suis allé j’ai vu, mangé et bu et c’était pas top, de plus lorsque vous manger une viande où l’on vous INTERDIT de mettre de la moutarde dessus et pour laquelle on vous impose un point de cuisson alors là c’est tout simplement comme une agression. si vous rajouter à ça une vive altercation avec son chef de cuisine … bref que cette endroit soit vendu n’est pas très grave de toute façon ce métier ne s’improvise pas …La preuve



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