Le Meurice

« Magique Meurice (Paris 1er) ! »

Article du 21 octobre 2011

Le service du vin © GP

Il y a une magie au Meurice, celle du personnel de salle jeune, dynamique et qui sourit, a l’air heureux de vous accueillir et de servir des tables espacées et immaculées, celle aussi de cette salle hommage au château de Versailles, à laquelle Philippe Starck a instillé quelques touches modernes, avec des fauteuils baroques. Il y a, bien sûr, les vins choisis avec malice par la douce Estelle Touzet, les assiettes qui défilent comme des perles, des joyaux, des pierres précieuses stylées et ciselées, comme cet amuse-gueule de saison sur le thème de l’escargot et du cèpe persillé, puis ce culotté « menu du terroir parisien », qui fait le casse croûte le plus chic du monde, proposé chaque midi et tarifé 90 €. Ce qui met Le Meurice – dont la table trois étoiles a gardé son nom, contrairement au Bristol devenu l’Epicure – au tarif d’une table étoilée « ordinaire »…

Escargots aux cèpes © GP

Bref, ce menu « terroir parisien » est sans doute « le » chic parigot façon luxe à tester pour qui ne connaît pas la manière Alléno version canaille chic. Ce midi, c’était le clin d’oeil au « jambon beurre », avec la tarte parisienne (avec jambon, fromage, champignons), le soufflé d’anguille fumée, avec son coulis de Méréville, ses oignons rouges au vinaigre et sa betterave fondante – superbe de goût, de finesse, de texture entre craquant, mollement enveloppant et acide avec ce qu’il faut de doux! Ensuite, la pomme agneau d’épaule d’agneau (si fondant le gratin de pommes de terre, quoiqu’un peu salé!), avec sa salade de jeunes pousses.

Soufflé d'anguille, coulis de cresson, oignons, betterave © GP

In fine, la tourte feuilletée à la pomme, avec sa glace épaisse à la ferme de Viltain est à la fois un plaisir d’enfance et un bonheur du jour. Auquel le saumur blanc l’Insolite de Thierry Germain, le haute côte beaune blanc de Jayer-Gilles et le saint-émilion château Soutard, plus l’insolite Moscato d’Asti la Spinetta de Rivetti ajoutent une note vive, alerte, enjouée, quasiment rustico-chic dans ce lieu aristo, princier ou même royal!

Anchois en casserole © GP

Anchois et condiments harissa © GP

Mais la carte n’est pas moins séductrice, qui attire l’oeil et le palais avec ses anchois frais, farcis aux blettes et la ricotta, présentés d’abord en casserole, puis finement déposés sur une assiette joliment décorée, avec ses condiments autour d’une harissa de poivrons doux, le perdreau de chasse – de saison! – aux baies de genièvre avec ses ses cèpes à cru et en farce à gratin,  avec ses figues cuisinées, près de la cuisse présentées: du travail d’artiste grand bourgeois dans un style vif, allégé, rajeuni avec science et conscience.

Pomme Anna d'épaule d'agneau © GP

Perdreau aux baies de genièvre © GP

On y ajoute un des beaux desserts sophistiquées, mais pas trop, de l’expert Camille Lesercq, comme la meringue soufflé aux amandes avec ses pêches macérées au lait d’amande ou encore ces jolis coeurs de poires rôties au caramel épicé. Du travail d’artiste dans une demeure hors norme, où il faut aller une fois l’an ou au moins une fois dans sa vie!

Tourte feuilletée à la pomme © GP

Coeurs de poires rôties au caramel épicé © GP

Le Meurice

228, rue de Rivoli
Paris 1er
Tél. 01 44 58 10 55
Menus: 90 ("terroir parisien", déj.), 240 (dégustation, 400 (vins c.) €
Carte: 200-300 €
Site: www.meuricehotel.fr/restaurant-le-meurice

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Publié le 21 octobre 2011 par Gilles Pudlowski
Catégorie : Coups de coeur, Restaurants
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