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Saint-Quay-Portrieux : au royaume de la saint-jacques

Article du 10 décembre 2023

La coquille Saint-Jacques © GP

La coquille Saint-Jacques, reine en baie de Saint-Brieuc, ne se pêche que d’octobre à avril, 45 mn par jour, deux fois par semaine, les lundi et mercredi, pour ne pas épuiser le gisement. Qui est comme une mine d’or maritime accrochée au fonds sableux. Dix-huit mille tonnes de Saint-Jacques se trouvent ainsi réparties sur toute la baie, auquel ont accès les bateaux venus des ports environnants qui sont, outre Erquy, Locquémeau, Loguivy, Pors-Even, Paimpol, Saint-Quay-Portrieux, le Légué, Dahouât et Saint-Cast.

Les chalutiers au port de Saint-Quay © GP

Comme il faut trois ans pour faire une saint jacques et que la demande est moins importante que l’offre, on ne récolte que 12000 tonnes par an – et pour répondre à la demande du marché, la quantité de pêche est ajustée en cours de saison mais on ne peut dépasser les 1200 kg de coquilles par jour et par bateau (240 pêcheurs artisans en tout, contrôlés par avion). La saint-jacques, ce mollusque bi-valve et androgyne, avec son goût noiseté, la finesse de sa chair, la blanche transparence de sa couleur et le côté légèrement sucré qui est le propre de la baie de Saint-Brieuc, est encore un jeune trésor.

La drague © GP

Il y a un demi-siècle, elle était une quasi-inconnue sur les tables et les pêcheurs d’ici ne ramenaient que du poisson, se souciant peu de la richesse abritée par les fonds sous leurs bateaux. Le début des années 1960 sonne le départ d’une explosion de la saint-jacques. On découvre, en même temps que le gisement, l’intérêt de la coquille, on s’équipe pour la pêcher. C’est le point de départ d’une véritable chasse au trésor.

Sac de saint-jacques © GP

Certains fermiers abandonnent leurs exploitations pour devenir pêcheurs. Il faut un chalutier équipé d’une « drague », grosse machine reliée par une poulie qui ressemble à un râteau géant avec son cordage de fer qui permet de labourer le fond de la mer avec ses dents et de ramener les coquilles. A chaque descente de la drague – on dit « à chaque trait » – le marin rapporte le maximum de coquilles. On fait deux « traits » par pêche en moyenne. Loïc, parti ce matin vers 8h15 et arrivé trente minutes après aux abords de Val André, est content : il a ramené cinq traits vite faits. Ce qui n’est guère facile: la force des bras, le travail soigné, le nettoyage, le liage, l’empaquetage se font, eux aussi, sur le bateau. D’où, malgré le temps bref imposé pour la pêche, un dur labeur qui requiert trois personnes en moyenne par chalutier.

Un mollusque bi-valve © GP

Elles sont soixante embarcations bretonnes à dodeliner dans le port, avec leurs couleurs bleutées, dans le ciel nuageux d’Erquy. Le paysage, même par temps de bruine, est somptueux, avec sa baie en demi-cercle, son bourg sur une colline, les maisons de grès rose et les derniers hortensias qui veillent encore au début de l’automne. Chaque année, Erquy organise, en liaison avec le port-frère de Saint-Quay, une fête de la saint- jacques, qui attire 35000 personnes venus de 41 départements français et de nombreux voisins suisses ou belges venus découvrir ce produit qui est non seulement beau et bon, mais naturel, comme l’offrande de la mer.

L’étiquetage © GP

Et c’est vrai qu’elle est belle la coquille de la baie de Saint-Brieuc, avec sa jolie peau blanche, son faible corail, son goût iodé dû aux forts mouvements de marée – le « Jusant » -, sa coquille bien striée. Saint-Jacques noisetée, un poil sucrée, si fine, que l’on consomme dans sa coquille avec une mince noix de beurre, un vrai beurre blanc, ou, juste sautée, avec une poêlée d’endives, ou encore une purée de pomme de terre aillée : voilà un produit qui mérite l’éloge du gourmet. Que celui-ci se rassure: bien entretenu par l’organisation de producteurs, Cobrenord, pêché avec parcimonie par les chalutiers qui sont les laboureurs de la mer, la Saint-Jacques bretonne a encore de bien beaux jours devant elle!

La surveillance des sacs ©  GP

Cobrenord

Terre-Plein du Port

22410 Saint-Quay-Portrieux

Tél. : 02 96 70 81 04

Site : www.cobrenord.com

 

A propos de cet article

Publié le 10 décembre 2023 par

Saint-Quay-Portrieux : au royaume de la saint-jacques” : 1 avis

  • Boutier Jean François

    Excellent article technique et commercial qui change du bla bla vantard et des paroles creuses des Bourgeois de St Brieuc !! Mon père était cuisinier à St Brieuc mais désormais j’habite à Binic

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