Paris 6e : sacré Petit Lutétia !

Article du 20 septembre 2022

Charles Boudon et le service © GP

On vous avait parlé du succès de cette brasserie qui, draine, fort discrètement, le meilleur monde de Paris (ou des touristes envoyés ici par les palaces) dans un angle tranquille sinon « mort » de la rue de Sèvres, non loin, certes du Bon Marché, mais plus près de l’hôpital Laennec et du métro Vaneau. Jean-Louis Costes et son associé Christophe Ciamos, qui y sont demeurés quatre ans, l’ont revendu aux Boudon de la Fontaine de Mars et du Café de l’Alma qui ont en conservé l’air de vrai bouillon Art nouveau, millésimé 1912, dans son jus ou presque. Le plafond a été non seulement nettoyé mais carrément revisité à l’ancienne avec de magnifiques trumeaux dorés, dont même un habitué peut penser qu’ils ont toujours été là.

Carpaccio de daurade © GP

Les banquettes avaient été changées, les tables sont toujours bien nappées, le lieu a été éclairé et les jolis luminaires Art nouveau/Art déco font toujours leur effet, comme les fresques d’époque et les miroirs. On ajoute le service qui court, sourit, répond à tous,  avec promptitude et efficacité, le tout sous la houlette d’un directeur sourcilleux et du fiston Charles Boudon, barbu, rieur mais bien au fait de son sujet. La cuisine, sous la houlette de Sylvain Danière, ancien de chez Constant au Crillon, qu’on découvrit jadis à l’Ourcine, est menée avec beaucoup d’habileté sur un mode chic, classique, très « bistrot tradi », avec quelques clins d’oeil costiens.

Oeuf mayo © GP

Œuf mayo de qualité avec ses pickles craquants, carpaccio de daurade bien assaisonné, cuisses de grenouilles théoriquement aillées et persillées, manquant un brin d’ail (et de sel!), quoique savoureuses et tendres, tartare frites relevé avec point, avec frites craquantes et épinards frais, filet de bœuf au poivre, côtelettes d’agneau à la plancha font partie des réussites de la maison.

Filet au poivre et côtelettes d’agneau © GP

La carte des vins est quasi identique à ce qu’elle fut dans l’ancienne formule, avec des flacons pas bon marché, certes, mais tous délicieux, comme le splendide bordeaux Reignac d’Yves Vatelot ou le fruité sancerre rouge de Vacheron, servi au verre à 12 €. Et, in fine, la glace vanille turbinée et la mousse au chocolat (pour 2, 3 ou 4…)  font leur effet … Bref, voilà un lieu qui réussit à bluffer son monde, servant en continu, faisant un tabac surtout le week-end où la salle est archi-pleine sur le coup de 15h quand d’autres, non loin, ont déjà tout rangé…

Mousse au chocolat © GP

 

Le Petit Lutétia

107 rue de Sèvres
Paris 6e
Tél. 01 45 48 33 53
Carte : 60-90 €
Horaires : 12h-minuit
Fermeture hebdo. : Ouvert tous les jours
Métro : Vaneau.

A propos de cet article

Publié le 20 septembre 2022 par
Catégorie : Restaurants Tags :

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !