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Les chuchotis du lundi : Jean Imbert fête son 1er anniversaire au Plaza-Athénée, Flora Mikula au Café de l’Alma, Christelle Brua dit adieu à l’Elysée, Anthony Bisquerra quitte Megève et l’Alpaga, des pâtissiers en Moselle, Romain Meder à Primard, Louis de Funès et la gastronomie à Saint-Raphaël

Article du 19 septembre 2022

Jean Imbert fête son 1er anniversaire au Plaza-Athénée

Jean Imbert au Relais-Plaza © GP

Qui aurait parié un kopek (ou cent) sur le devenir de Jean Imbert au Plaza-Athénée alors qu’il s’agissait d’y renouveler le contrat d’Alain Ducasse ? Un an pile après avoir démarré au Relais Plaza et après avoir conquis une étoile dans l’ancienne table gastro du lieu, le lauréat de Top Chef 2012 est au mieux de sa forme et de son avenir, ayant fait entrer un brin de jeunesse et pas mal de décontraction comme de gaité dans le palace de l’avenue Montaigne devenu un lieu tendance sous sa houlette. Tandis que les people et les gourmets se délectent, au Relais, de langoustines mayo avec la tête en Thermidor, artichaut et vinaigrette mimosa, huîtres tièdes au sabayon de champagne, gratin de daurade 1962, turbot rôti à la grenobloise et blettes du Perche, ris de veau croustillant, girolles et vin jaune ou île flottante géante et minute, chacun ici se bat pour avoir une place. Jean Imbert, qui a réveillé une belle endormie dont le grand service semble motivé comme jamais, prouve là qu’à coeur vaillant rien d’impossible!

Flora Mikula au Café de l’Alma

Flora Mikula avec Jeanne et Christiane Boudon © DR

Elle est partout, à Reims, Biarritz, Bordeaux. Et même à Paris! Flora Mikula est venue donner du tonus à la cuisine du Café de l’Alma. Les Boudon, qui possèdent la Fontaine de Mars à deux pas, mais aussi l’Eclair et le Petit Lutetia non loin, ont revu leur navire amiral, sis 5 avenue Rapp, face à l’église russe du quai Branly, en lieu branché, chic, un rien british et chaleureux sous le sceau des designers Gilles & Boissier. C’est Jeanne, la fille des Boudon, qui s’y colle, gérant ce lieu rénové et en pleine jeunesse, où l’on peut désormais jouer le mezzé version moderne (à coup de falafels, pizzette, tarama et guacamole), taquiner les coquillages farcis au beurre d’estragon, le poulpe avec ses légumes grillés au piquillo comme les linguine au homard ou la belle côte de boeuf du boucher Boedec. Les Boudon, qui ont racheté le Petit Lutétia, rue de Sèvres, tout en vendant le 41 Mozart, se recentrent avec précision sur leur coeur de cible : la cuisine de tradition savamment remise au goût du jour.

Christelle Brua dit adieu à l’Elysée

Christèle Brua © Stéphane de Bourgies

Elle avait quitté, en mai 2019, le Pré Catelan pour l’Elysée, remplaçant le chef pâtissier en titre, Fabien Cocheteux, qui lui, venu du Négresco, repartait dans le privé. Voilà qu’elle accomplit aujourd’hui le chemin inverse. Christelle Brua, mosellane de caractère, native de Sarrebourg, dont les parents tenaient jadis l’Auberge de Grand Soldat près d’Abreschviller, formée au Soldat de l’An II à Phalsbourg puis à l’Arnsbourg à Baerenthal, avait obtenu les trois étoiles avec son compatriote lorrain de Nancy, Frédéric Anton Elle s’en est expliqué, cette semaine, sur sa page instagram, avec ce joli mot d’adieu : «Après 3 années riches en émotion il est temps pour moi de tourner la page élyséenne et de me consacrer pleinement à mon projet à venir.  Merci à Monsieur le Président de la République et à Madame Brigitte Macron pour leur confiance, leur bienveillance, leur soutien et leur écoute. Merci également à @guillaume_gomez de m’avoir permis d’intégrer les cuisines de la Présidence . Merci pour ta confiance et ton amitié,  j ai réalisé un rêve grâce à toi . Mais aussi de m’avoir transmis tant de choses,  j’ai tant appris à tes côtés 🙏🏽  Alors Restez connectés ! J’ai hâte de vous faire partager ma nouvelle aventure !!! Je vous raconte très vite ! » Les mauvaises langues feront tout de même remarquer qu’elle ne dit pas un mot de l’actuel chef de l’Elysée, le MOF Fabrice Desvignes, avec qui, cependant, elle travaille depuis un an et demi…

Anthony Bisquerra quitte Megève et l’Alpaga

Anthony Bisquerra (au centre) à l’Alpage © GP

Il aura tenu cinq ans à Megève, obtenant deux étoiles à l’Alpaga, hôtel de luxe et de grand charme, sur le massif de Rochebrune, où il gérait également un bistrot de qualité. Anthony Bisquerra quitte sa place, Megève et la montagne, désireux de revenir dans sa région d’origine. Ce natif de Bordeaux, passé aux Sources de Caudalie avec Nicolas Masse et chez Christopher Coutanceau à la Rochelle, s’apprête à repartir pour un projet tout neuf, encore secret, quelque part en Aquitaine, même s’il ne peut et ne veut en dire plus, afin de créer son univers et sa demeure. Pour le moment, l’Alpaga n’a pas encore trouvé son successeur et Anthony Bisquerra devrait être encore présent le passage de témoin.

Des pâtissiers en Moselle

François Daubinet, Nicolas Paciello, Michaël Bartocetti et Angelo Musa © DR

Comme les trois mousquetaires, ils sont quatre, quatre pâtissiers originaires de Moselle, prouvant que le département le plus proche des frontières (Allemagne, Belgique, Luxembourg) est sans nul doute le plus prolifique en pâtissiers de qualité : Michaël Bartocetti, de Thionville, qui officie au Four Seasons George V, Nicolas Paciello, de Forbach, qui travaille à son compte, à l’enseigne de Cinq Sens, après avoir oeuvré pour le Prince de Galles et le Fouquet’s Barrière, Angelo Musa, le MOF de la bande, natif de Nancy, mais formé à Metz chez Bourguignon, et qui est le maestro du Plaza Athénée à Paris, enfin François Daubinet, natif de Thionville, ex chef pâtissier de Fauchon, désormais consultant. Ils se livreront ensemble, mais tour à tour, à des démonstrations le temps d’un week-end, le premier d’octobre, à Metz, là où la gourmandise sucrée est reine. L’événement aura lieu les 1er et 2 octobre à la FIM (Foire Internationale de Metz).

Romain Meder à Primard

Romain Meder © Nathalie Carnet

Il risque tout, se lance seul et sans filet, remplaçant Eric Frechon à Primard. Romain Meder, qui n’a pas oublié les belles années passées aux côtés d’Alain Ducasse, notamment au Plaza Athénée, en sa table trois étoiles, reprend les thèmes de la « Naturalité », chers au grand AD, et travaille les légumes des jardins de Primard. Dans l’ancien château de Catherine Deneuve, à Guainville, en Eure-et-Loir, rénové avec superbe par le groupe Fontenille des esthètes Frédéric Biousse et Guillaume Foucher, qui possèdent également des hôtels dans les Landes, à Minorque, Marseille et dans le Luberon, il va pouvoir donner sa mesure, aussi bien côté bistrot que gastro. Quatre formules sont mises en scène : les Chemins, côté création végétale, Octave, côté bistrot ludique, la Table d’hôte et la Serre. Mais aussi « des ronds dans l’eau », pour des espaces aménagés au fil de l’eau. Parmi ses belles idées nées du potager local, la betterave fermentée, la courgette au vin de melon ou tartelette aux graines de lin sonnent comme de jolies promesses d’avenir.

Louis de Funès et la gastronomie à Saint-Raphaël

L’affiche de l’expositon © GP

Il était le Chaplin français, avait tourné dans 150 films, était l’acteur préféré des Français. Il lui fallait bien un musée. Créé par la ville de Saint-Raphaël, juste en face de la gare TGV, dans la ville où se passe « le Corniaud », notamment grâce à l’initiative de sa petite fille, la philosophe Julia de Funès, ce musée évoque la carrière de ce génie du rire, d’origine espagnole, qui devint une icône française. La gastronomie occupe une place importante dans son œuvre et sa carrière. Avec des films comme « le Grand Restaurant », où il campe l’inénarrable Monsieur Septime, « l’Aile ou la Cuisse », où il est le créateur du guide Duchemin, alors qu’il combat contre la malbouffe incarnée par l’ignoble Tricatel (Julien Guiomar dans le film), sans omettre la Traversée de Paris, où il est le charcutier Jeambier, ni oublier « la Soupe au Choux ». En M. Duchemin, Louis de Funès incarne la France du bon goût, celle de la gastronomie de haut niveau, l’homme capable de reconnaître un Léoville Las Cases à l’oeil ! Le musée et la ville lui consacrent donc une exposition qui porte comme titre « la Gastronomie française, Louis de Funès en fait tout un plat » et ce jusqu’en mai 2023. Démonstrations culinaires, dégustation de la Pyramide de Septime, fête des terrasses en ville, cocktails et apéros gourmands participent à cette manifestation populaire qui fait de Saint-Raphaël une associée marquante de l’année de la gastronomie en France. On ajoute qu’au sein du musée, la machine « Tricatel » de l’Aile ou la Cuisse, servant à fabriquer poisson et poulet artificiels, a été reconstituée avec une amusante minutie, comme la salle de restaurant de l’Auberge de Truite où Duchemin/DeFunès, déguisé en touriste américain, a droit à un repas de bas étage héroï-comique. Rire garanti.

Le musée © GP

A propos de cet article

Publié le 19 septembre 2022 par

Les chuchotis du lundi : Jean Imbert fête son 1er anniversaire au Plaza-Athénée, Flora Mikula au Café de l’Alma, Christelle Brua dit adieu à l’Elysée, Anthony Bisquerra quitte Megève et l’Alpaga, des pâtissiers en Moselle, Romain Meder à Primard, Louis de Funès et la gastronomie à Saint-Raphaël” : 1 avis

  • Michel

    Sans vouloir faire du Imbert Bashing, quand vous dites dans votre article « chacun ici se bat pour avoir une place » vous devez parlez d’une place en cuisine et non en salle ?! En témoigne un célèbre site de réservation de restaurant ; une table pour ce soir au relais ou au gastro, demain ou n’importe quel jour à venir ? aucun problème !

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