Staub & Pudlo aiment les bistrots ! Chaque mois, en partenariat avec Staub et ses cocottes emblématiques, partenaire des Chef(fe)s d'aujourd'hui et de demain, amoureux des bistrots, des hommes et des femmes qui les font vivre et les réinventent au quotidien, Gilles Pudlowski vous dévoile un bistrot coup de cœur à Paris ou ailleurs. Au menu : saveurs, authenticité, partage, excellence, convivialité, art de vivre enraciné et revisité pour des plats bien mijotés et une adresse à ne pas manquer.

Le bistrot du mois – Paris 16e : Paul Chêne version tendance

Article du 20 septembre 2022

Ambiance amicale et parfois survoltée © MR

On vous a parlé de Paul Chêne à la réouverture, puis du Petit Chêne en bistrot du mois. Sébastien Dufour, jeune ancien des frères Dumant, notamment à l’Auberge Bressane et à la Pizzeria d’Auteuil, continue de plus belle, donnant du « peps » et un coup de jeune à des lieux anciens. Il développe son petit empire (il a créé en mai le Comptoir des Chênes, rue de Lubeck, en lieu et place d’un ancien poké bowl, toujours dans le 16e), mais peaufine son navire amiral. Paul Chêne sous sa patte ? Un lieu vif, drôle, amusant, savoureux, pas cher et malicieux. Autant dire tout ce qu’on aime…

En terrasse © MR

On pourrait vous refaire « le pitch », vous raconter l’histoire de ce restaurant classique, l’un des préférés de notre défunt confrère du Monde, Robert-Julien Courtine, dont l’emplacement (rue Lauriston … à quelques numéros de la gestapo française de Bonny et Lafont, évoqué par Patrick Modiano dans « la Place de l’Etoile ») devait lui rappeler ses années d’occup’, un rade bourgeois où Jean Gabin et Gaby Morlay se délectaient de maquereaux au vin blanc. De classique chic en tradi-tendance, Sébastien Dufour le tatoué recrée ici une ambiance, un style, une manière bien à lui de recevoir avec charme et sourire.

Sébastien Dufour au bar © Maurice Rougemont

Il y a le bar d’entrée avec son zinc, les moulures, banquettes, fer forgé années 1930/1950, la salle du premier plus sobre et privatisable pour des dînettes de copains, le rez-de-chaussée gai, bruyant, bouillonnant, la terrasse qui prolonge les plaisirs maison au dehors. Le style maison ? Jeune et dans le vent, celui d’un 16e relax qui renie pas les bonnes traditions.

Les œufs mayo © MR

L’oeuf bio servi mimosa nouvelle mode avec oignons frits et mayonnaise légère, la salade de pousses d’épinards et tourteau, les escargots persillés, comme les cuisses le grenouilles sur le même mode, l’andouillette des 5A avec leur sauce moutarde, le tendre filet de boeuf – ces deux derniers plats servis avec des frites monumentales, moelleuses et croustillantes à la fois, issues de pommes de terre Mona Lisa : bref, voilà un registre qui enchante. Et qui change.

Les coquillettes © MR

Il y a, au gré de l’ardoise, l’amusante salade chèvre et vache (« achache »?), les rognons de veau moutardés, les coquillettes dites « Chêne Paul » au jambon et à la crème, le suprême de volaille aux morilles (fraîches, ces dernières en saison, séchées hors saison), servie dans sa cocotte en fonte, plus les vins de soif, qui se boivent à l’aise, comme ce délicieux saint-amour de Rémi Besson ou cette syrah (vissante!) de Louis Chèze (l’orfèvre du saint-joseph « Ro-Rée »), qui permet de vérifier l’adage selon lequel qui « peut le plus peut le moins« … avec talent.

Suprêmes de poulet aux morilles © MR

On ajoute d’exquis desserts classiques comme les profiteroles au chocolat et le baba au rhum, plus les vieux alcools que l’on déguste au bar : vieille prune de Souillac ou chartreuse de Voiron issue de magnums… Bref, une petite maison du bonheur dans une demeure d’antan joliment ressuscitée…

Baba au rhum © MR

 

 

Bistrot Paul Chêne

123 rue Lauriston
Paris 16e
Tél. 01 47 27 63 17
Carte : 30-55 €
Fermeture hebdo. : Lundi soir, dimanche
Métro(s) proche(s) : Victor Hugo, Trocadéro

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Publié le 20 septembre 2022 par

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