L’éloge des cinémas d’Eric Neuhoff

Article du 16 mai 2022

 

Au moment où démarre le festival de Cannes, ce livre apparaît comme un bienfait, une ode à la nostalgie (Eric Neuhoff parle si bien de Claude Sautet), un éloge des salles obscures, qui disparaissent et qui, dans un monde parfait, devraient être classées. Chemin faisant, l’auteur de « Un Bien Fou » et de « Costa Brava », dresse son autoportrait. Ce grand dadais du Lot qui allait faire ses humanités à Toulouse avant de tenter de conquérir Paris se prenait pour Yves Montand dans « César et Rosalie », Jean-Pierre Léaud dans « Baisers volés » ou Robert Redford dans « Jeremiah Johnson », c’est lui. Qui, pour l’année 1972, énumère les films qui comptent :  le Parrain, le Limier, Cabaret ou le Parrain… – on en oublie au passage, pas lui – et n’ose les comparer à la production de 2022. Incollable sur Eric Rohmer et Annie Girardot (les stèles qu’il leur élève en fin d’ouvrage sont superbes), Neuhoff vante la magie d’un cinéma qui élève, raconte, s’amuse, réinvente ou créée ses mythes. Il déplore un monde nouveau où les salles obscures sont devenues multiplexes ou une salle ancienne de son Cahors natal est devenue une maison de retraite. Voilà une déclaration d’amour à un cinéma qui dure.

Petit éloge amoureux des cinémas d’Eric Neuhoff (Privat, 188 pages, 17,90 €).

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Publié le 16 mai 2022 par
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