Jean-Marie Rouart, le dandy révolté

Article du 16 avril 2022

Il est l’héritier (pauvre) d’une grande famille d’artistes, s’en est expliqué notamment dans « une jeunesse à l’ombre de la lumière », est entré à l’Académie Française, sans jamais renoncer à sa liberté de parole. Jean-Marie Rouart est bien cet homme libre qui mena tant de bons combats pour la justice, la vérité, la liberté, notamment contre la prostitution, contre les cartels pétroliers, contre la corruption dans la police, évoquant l’affaire Gabrielle Russier dans un journal conservateur où il joua si longtemps le rôle d’enfant terrible, d’anarchiste toujours rebelle. Son livre, qui se lit comme une confession, un plaidoyer pro domo, une auto-justification, livrant un itinéraire de vie, est bien l’anti-portrait d’un enfant gâté, qui place le goût de la justice et de la vérité au dessus de tout. Ses combats, ses révoltes, ses (deux) renvois du Figaro, son amitié avec Jean d’O qui fut un directeur de journal pusillanime, son aversion pour Raymond Aron, dont l’intelligence autocentrée en fit une sorte de conseiller pervers dans ce même Figaro, sa lutte forcenée pour la défense d’Omar Raddad, sa sincérité, sa détermination et sa franchise (avec ce portrait au scalpel in fine de Georges Kiejman qui le nomma « le petit marquis » et le fit condamner en justice), émeuvent, passionnent, bouleversent. Difficile de ne pas aimer ce séducteur malgré lui …

Mes révoltes, de Jean-Marie Rouart (Gallimard, 278 pages, 20 €).

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Publié le 16 avril 2022 par
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