Les Petits Plats
« Paris 14e : les petits plats dans les grands »
On s’apprête à fêter le « printemps des bistrots » à Paris. Benjamin Berline, notre communiquant du blog, prend les devants et revisite pour nous « les Petits Plats« …
Ce repaire de bon goût, avec son ambiance pleine de gaité fait toujours mouche du côté de la rue des Plantes. Dans cette ex-pizzeria, transformée en bistrot pur jus depuis plus de dix ans, le cadre avec moulures, grands miroirs, zinc en fer à cheval, mosaïques, parquet, bibliothèque liquide et ses deux espaces en enfilade, vous transporte quelque part entre la décontraction d’un appartement de copains et le charme d’un troquet d’antan.
Gilles Soumeillant, modèle d’aubergiste solide, accueillant et sympa, y incarne le bel esprit de la demeure, veillant de près sur cette maison pleine d’entrain. Il vante avec bonhomie les mets de la souriante Elise Houdayer qui mitonne avec malice et une pointe d’exotisme, une réconfortante cuisine de coeur, faisant la part belle à la franchise du produit et où les accents carnassiers côtoient des classiques bistrotiers revisités avec vigueur et générosité.
Aux côtés des alliés carnés de l’Aubrac en direct de la boucherie Chassineau (chateaubriand, entrecôte beurre maitre d’hôtel, tartare au couteau, superbe os à moelle…), cinq plats phares se dévoilent chaque jour à l’ardoise, dont certains que l’on change en petites portions, astuce bienvenue d’où l’enseigne tire son nom. La terrine de campagne maison, avec foies de volaille, cochon, cognac et porto, et le saucisson d’Ardèche, vous mettent dans le bain. Velouté d’oignons rouges et brioche gratinée, délicieux oeuf cocotte foie gras et toast ou dans une veine terre mer, le tartare de quasi de veau, citronnelle, tarama, oeufs de cabillaud, achèvent de convaincre que l’on est bien là dans un autel de gourmandise sincère et maitrisée.
Au registre des plats, la poitrine de cochon fermier avec sa crème de navets boule d’or, persil et srirasha (la sauce thaïlandaise) fait fureur. Les beaux morceaux mijotent longuement et la touche d’ailleurs s’exprime ici ou là comme avec ce paleron de boeuf cuit 12 heures avec vanille de tahiti et kumquat ou encore l’une des propositions signatures de la demeure : coques et couteaux avec chorizo et pommes de terre buvant la tasse dans leur savoureuse cocotte avec émulsion de beurre à l’ail. Alternative iodée : gracile poulpe, avocat, lentilles sur fond de jus de poisson ou le plat veggie du jour.
Les jolis crus de tout l’hexagone arrosent à propos cette cuisine canaille et raffinée et les desserts oscillent eux aussi entre tradition et revisite malicieuse : tonitruant Paris Brest façon éclair ou citron à la manière d’une omelette norvégienne. Voilà un endroit bon, sympa, authentique, où l’on se sent un peu comme chez soi.

Ambiance © Maurice Rougemont
Bonjour,
Vous êtes bien sur que cette visite date de mars 2022 ? On me dit que Elise Houdayer n’est plus aux fourneaux et que la magie a disparu !?
Je voulais y retourner pour un dîner avec de bons amis…
Par avance merci pour votre réponse. Cordialement