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Paris 7e : un bon bistrot ? Oui mon Général !

Article du 17 janvier 2022

Nicolas Bessière et le service © BB

Un bon bistrot comme on les aime, décrypté par notre communiquant Benjamin Berline, gourmand bavard et buissonnier. On l’écoute…

Vitello Tonnato © BB

Avec sa devanture fringante et bleutée, prenant ses aises à l’angle de deux rues discrètes d’un coin du 7e pauvre en tables du genre, cette spacieuse enclave canaille fait le coup du charme avec ses accents de troquet tradi revu à la sauce moderne. Aux manettes, on retrouve le duo Nicolas Bessière et Stéphane Reynaud, entr’aperçu derrière la Villa Neuf Trois à Montreuil, qui récidive en instillant à nouveau ici sa complicité et son goût de la cuisine de terroir et de la cuisson patiente.

Pâté en croute farine de châtaigne © BB

Ouvert en continu, le lieu a du cachet et la vaste salle en L mêle, dans une ambiance décontractée et animée, grandes tablées, bois ondulés, pierres apparentes, clichés rétro, comptoir moderne et étagères vineuses joliment garnies. Au menu : des classiques intemporels, le produit respecté et travaillé avec justesse pour une partition bistrotière, franche, bien menée qui s’autorise parfois une touche de modernité et quelques incursions sudistes et transalpines. En témoigne ce joli poulpe escorté de sa purée de pois cassés et olives taggiasche qui copine avec un vitello tonnato ou un pâté en croûte à la farine de châtaigne (malheureusement servi un poil réfrigéré).

Pavé de saumon © BB

Charcuteries fermières, rillettes maison, oeuf mayonnaise, anchois fumé avec huile au romarin et pomme répondent également à l’appel, jouant des coudes avec le poireau rôti, crème d’estragon et oeufs de saumon qui constitue une séduisante entrée en matière, toute en légèreté. On embraye avec les plats de résistance qui donnent le ton : saint-jacques flirtant habilement avec une purée de cresson, pavé de saumon ou généreux pot au feu au cochon faisant, comme promis sur le menu, le bonheur « des faims de cochon ».

Poulpe; purée de pois cassé, olives taggiasche © BB

Pour les irréductibles carnassiers, s’offrent la noix de boeuf d’Argentine maturée, escortée de crème de cèpes et échalotes ou l’épaule d’agneau confite qui se partage à deux ou trois, tandis que les amis végétariens ont dans leur escarcelle une option de choix avec le délicat velouté de potimarron marié à un falafel de lentilles, chips de topinambour et scarmoza. Le service se fait complice, espiègle et rieur, toujours aguerri et de bon conseil dans un lieu où la gourmandise décomplexée est de rigueur.

Pot au feu de cochon © BB

Côté cave, les bons flacons sont au diapason et figurent en rang d’oignons de la pépite inconnue au grand cru révéré. On accompagne cette cuisine de terroir avec des cuvées en accord comme le fruité et gouleyant gamay « La Chapelle » du Domaine des Pothiers en côte roannaise ou encore non loin les vignes centenaires « coeur de vendange » du domaine Chermette en Beaujolais au boisé subtil et à la matière joliment charnue, tous deux sagement tarifés aux alentours des 30€.

Domaine des Pothiers © BB

Coup de chapeau aux douceurs réussies comme la délicate pavlola se parant lors de notre venue d’une touche exotique de saison avec mangue, ananas, grenade et une meringue craquante et peu sucrée, le gourmand dessert au chocolat avec sa tuile chocolatée et ses touches de noisettes et de café, le généreux baba au rhum faisant aisément l’affaire pour deux et, last but not least, cet admirable vacherin châtaigne et armagnac.

Chocolat Valrhona, tuile chocolat café noisette © BB

In fine, on salue la gracieuse danseuse carafée, qui pour conclure comme il se doit, distille à discrétion un calva bienvenu. Le midi, pour un plaisir express, croque-monsieur et sandwiches (jambon sec, noix-figue, fourme d’Ambert –  chèvre, miel, oignons doux – jambon blanc prince de Paris, oeuf mimosa, basilic) font des alliés de circonstance. A noter que, pour les ripailleurs de bonne heure, l’adresse, affiliée au réseau des bistrots beaujolais, organise un mâchon matinal (charcuteries, saint-marcellin, tarte à la praline) les jeudis et samedi matin. Qu’on se le dise!

Calva et sa danseuse carafée © BB

 

 

Oui, Mon Général !

14 Rue du Général Bertrand

Paris 7e

Téléphone : 01 47 83 76 66

Horaires : 7h30-0h30 (dim 7h30-15h30)

Fermeture hebdo. : dim. soir.

Carte : 40-60€

Métros proches : Duroc, Ségur

Site internet : www.oui-mon-general.fr

A propos de cet article

Publié le 17 janvier 2022 par

Paris 7e : un bon bistrot ? Oui mon Général !” : 1 avis

  • Caroline Gutmann

    Alléchant. Et pourquoi pas un machon matinal. J y courre.

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