L’homme qui voulait être aimé

Article du 4 décembre 2021

 

Il est l’homme des grands procès, des belles causes, capable de sauver une vie et de changer un destin lors d’un procès d’assises. Opiniâtre, il croit plus au questionnement incessant qu’aux plaidoiries pleines d’envolées lyriques. Conseiller des gens de cinéma, il présida la commission d’avances sur recettes. Ami de Pierre Mendès-France, son héros, il fut le ministre de François Mitterrand. Séducteur impénitent, il fut marié à Marie-France Pisier, et multiplia les conquêtes dont celles de Marlène Jobert ou de Françoise Giroud. Fils de déporté, il ne cessa de payer sa dette envers les siens, s’ouvre ici sur la polémique qui l’opposa à Serge Klarsfeld. Son livre, co-écrit, avec la journaliste Vanessa Schneider, révèle un Georges Kiejman intime, sensible, peu sûr de lui, sinon de son talent d’orateur et de débatteur, amoureux des livres et des femmes, voulant être compris autant qu’aimé. Dans un style  simple et limpide, qui est celui de la confession à mi-voix, du discours oral, du bavardage complice, « maître Georges » s’épanche avec vivacité, sensibilité, clarté, franchise, émotion. Le pauvre petit enfant juif, élevé dans le Berry par une mère illettrée, loin d’un père fugueur, mort à Auschwitz, aura bien réussi sa vie. Même si l’amertume se lit dès le prologue et si l’épigraphe empruntée à Aragon le rappelle : « le temps d’apprendre à vivre, il est déjà trop tard« .

L’homme qui voulait être aimé, de Georges Kiejman et Vanessa Schneider (Grasset, 252 pages, 20 €).

 

 

 

 

 

 

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Publié le 4 décembre 2021 par
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