Apollinaire vu par François Sureau

Article du 18 avril 2021

François Sureau, qui avait suivi une bonne part du cours de la Seine, dans l’Or du Temps, se penche aujourd’hui, librement, sur le plus enchanteur des poètes du fleuve arrosant la capitale. Guillaume Apollinaire (né Wilhelm Apollinaris de Krostrowitzky) n’est pas seulement le poète de Zone, de la Chanson  du Mal Aimé, de l’Enchanteur Pourrissant et du Pont Mirabeau, mais bien cet émigré incessant à la naissance mystérieuse qui fait de lui un voyageur imprévisible. De Londres (avec Marie Pleyden), au Rhin (« mon verre est plein d’un vin trembleur comme une flamme« ), d’Auteuil (cf le Flâneur des Deux Rives) à Stavelot, côté Ardenne belge, François Sureau, qui a tout lu, tout vu, tout reconnu, évoque le poète en prenant sa vie à rebours, en zig-zaguant dans sa biographie. Ce flâneur érudit, qui cite de tête, mais jamais trop, donne envie de placer à son tour ses pats dans ceux de « Sweet William ». L’amoureux de Marie Laurencin, l’émigrant de Landor Road, le baladin de Marizibill,  le conteur romantique de Schinderhanes, comme le romancier érotique des « Onze mille verges » ou encore le chroniqueur artistique, ami de Picasso et de Dufy, le dramaturge des mamelles de Tirésias, le précurseur du surréalisme, mort de la grippe espagnole, l’avant-veille de l’zrmistice (alors que tout Paris crie « A mort Guillaume!« , en référence au Kaiser qui porte son prénom)  après sa blessure au front dans les tranchées de la grande guerre en 1916, reprend vie ici avec brio et sensibilité. Le chic de ce petit livre si dense, si riche : nous le rendre dans sa jeunesse vibrante, sa fringante vérité, sa vigueur et sa force, son éternelle modernité.

Ma vie avec Apollinaire, de François Sureau (Gallimard, 155 pages, 16 €).

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Publié le 18 avril 2021 par
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