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Carantec : l’avènement de Nicolas Carro

Article du 7 juillet 2020

Nicolas Carro © GP

On a connu ici Patrick Jeffroy, qui remit à la mode ce bel hôtel balnéaire années 1930, le revit en auberge de charme et en table panoramique avec vue sur toute la baie de Morlaix. C’est désormais Nicolas Carro qui s’y colle, redonnant son prestige gourmand au lieu. Aidé financièrement par Franck Jaclin, l’homme du Château de Sable de Porspoder. Nicolas, brillant jeune trentenaire (il est né en 1989, originaire de Saint-Brieuc en Côtes d’Armor), est revenu en Bretagne, après douze ans de voyages dans des tables de haut niveau: l’Arpège à Paris avec Alain Passard, Jean-Luc Rocha à Cordeillan-Bages en Médoc, le deux étoiles français de Londres, Claude Bosi à l’Hibiscus et chez Arnaud Bignon à la Greenhouse, enfin sept ans durant chez Olivier Nasti à Kaysersberg. Voilà qui marque un homme!

Le poulpe © GP

Mais Nicolas Carro, bon géant qu’on connut rondouillard en Alsace, est devenu filiforme, a changé de vie, imprimant sa marque, marquant son style. La Bretagne, la mer, le locavore: voilà où le vent nouveau le porte, côté Finistère Nord et pays du Léon. Sur une baie magnifique à laquelle il rend hommage dans des assiettes belles, sereines, épurées, il indique une voie à suivre, joue la Bretagne nouvelle vague avec fierté. Dans la grande salle en rotonde, prolongée sur l’arrière, avec ses tables bien écartées et séparées – gestes barrières et lutte contre le covid 19 oblige -, on cède aux jolies propositions du moment.

Le homard © GP

Les amuses bouches de bienvenue, comme le croque-monsieur aux algues et foies de volaille ou encore le boudin aux pommes de Olivier Hélibert , la fraîcheur de langoustine de Loctudy et dorade de la baie en carpaccio acidulé, le splendide poulpe de la rade de Brest juste tiédi, avec carotte et sa vinaigrette de fanes, le somptueux homard bleu d’Iroise rôti aux algues avec risotto de petit épeautre (un hommage au « blésotto » de jadis, du maestro Jeffroy à Plounérin), avec son jus de carcasse au corail, le superbe turbot de la baie de Roscoff, bien ferme relevé de son jus de viande vinaigré, avec sa  texture de petits pois et cerise, sans omettre, car il faut rendre aussi hommage à la terre, le pigeonneau de nid « au sang » de la ferme Eneour, avec ses artichauts poivrades de chez “Régis de Carantec”, avec son jus de pigeon tranché aux abattis.

Le turbot © GP

Bref, une symphonie de haute tenue sur laquelle des vins en accord, venus du grand Ouest, jouent le contrepoint de haute volée : frais muscadet du domaine de l’Ecu de Fred Niger, riche malbec Touraine-Amboise de Bonnigal-Baudet et, côté desserts, on se fait plaisir sans manière avec la gourmande ganache chocolatée et sa glace au café, plus la framboise de Sibiril de chez “Pierre & Dominique”, au goût si prenant, plus son sabayon onctueux vanillé et crémé et ses brisures de gâteau breton meringué qui font un grand moment sucré. En route pour les deux étoiles!

La framboise © GP

 

Hôtel de Carantec – Restaurant Nicolas Carro

20 rue du Kelenn
29660 Carantec
Tél. 02 98 67 00 47
Chambres : 120-248 €
Menus : 33 (sem., déj.), 56 (déj.), 72, 105 €
Carte : 130-180 €
Fermeture annuelle : 23 décembre-02 février
Site: www.hotel-carantec.com

A propos de cet article

Publié le 7 juillet 2020 par
Catégorie : Coups de coeur, Restaurants, Voyages Tags :

Carantec : l’avènement de Nicolas Carro” : 3 avis

  • D. Sanchez

    l’effet Chouchen sur un Mosellan,… normal

  • François

    Bonjour deux petites coquilles sur votre 1er paragraphe: la baie de Morlaix et non « Morlaux » et il originaire de Saint-Brieuc et non » Brieux », merci pour ces articles sur le Finistère qui est souvent oublié.

  • Gilles : « Morlaux » ! « Saint-Brieux » ! Ce n’est pas dans vos habitudes !!!

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