Pont-Aven : une nuit aux Ajoncs d’Or

Article du 30 juin 2020

Façade © GP

Les saules, les ajoncs, le bleu du ciel et l’ardoise des maisons, les blanches façades tranchant sur le vert des arbres, les sortilèges enchantés du bois d’amour et la haute chapelle de Trémalo qui inspira “ Le Christ jaune ” : comment dire la magie de Pont-Aven ? Le flot de touristes débarquant dans la ria profonde pour acheter des galettes dans les boutiques astiquées ou des reproductions des peintres d’ici -Gauguin en tête- sur les boîtes ou les affiches ne parvient pas à altérer sa poésie lumineuse et intacte. Dans les allées d’un bois secret et sur les hauts pentus d’un sentier balisé, on redécouvre le village sur l’Aven avec délice. ”Pont-Aven, ville de renom, quatorze moulins, quinze maisons ” : l’antienne ne change pas. Même si les moulins ne sont pas tous accessibles, on vous reparlera ailleurs de Rosmadec, avec son intérieur boisé, richement décoré, revue en table alerte sous la houlette de Christian Le Squer.

Fenêtre d’une chambre © GP

Pour séjourner ici, on choisira le tout simple mais si pittoresque hôtel des Ajoncs d’Or, que tint jadis Marie-Jeanne Gloanec, qui y accueillit Gauguin, repris par les Ruello, qui possèdent maintes auberges en Bretagne, avec sa haute façade fleurie et ses volets bleu outremer, comme l’aurait fait sans doute un peintre d’autrefois attiré par l’étonnante clarté. Le lieu a gardé sa modestie, avec ses chambres petites mais fonctionnelles. Le moderne musée de Pont-Aven, qui abrite, lui, des œuvres diverses de peintres qui ont illustré la Bretagne de la fin du XIXe au début du XXe siècle, ainsi que des expositions temporaires, comme la toute dernière, dédiée à “ Corneille dans la lumière de Gauguin ”, se trouve la porte à côté.

Dans la salle des petits déjeuners © GP

“ C’est un petit trou par cher ”, notait le peintre Jobbé-Duval à son ami Paul G. pour l’y attirer. D’autres y ont séjourné. La ville a dédié à Xavier Grall, poète tourmenté, une promenade entre eaux et roches, un square à Théodore Botrel, une rue à Emile Bernard. Pont-Aven continue d’attirer les visiteurs artistes. Le nombre de galeries plus ou moins modernes et de cafés à la vogue éphémère en témoigne. Ce qui ne bouge pas, c’est le site, encaissé, à fleur de rives, les ruelles torses, les bois presque sauvages, les maisonnettes protégées, bref, un village qui inspire les promeneurs romantiques en quête d’ailleurs et dont c’est ici le point le plus pratique et le plus central. En prime, à l’hôtel des Ajoncs d’Or, l’accueil bonhomme d’une hôtesse alsacienne souriante et prévenante, des petits déjeuners, ainsi qu’une sage cuisine de brasserie au fil des jours.

Salle de restaurant © GP

Les Ajoncs d’Or

1 pl. Julia (ex de l’Hôtel de Ville)

29930 Pont-Aven

Tél. : 02 98 06 02 06.

Chambres : 80-120 €.

Site : www.ajoncsdor-pontaven.com

A propos de cet article

Publié le 30 juin 2020 par
Catégorie : Voyages Tags :

Et vous, qu'en avez-vous pensé ? Donnez-nous votre avis !