Germaine et Joseph : un amour de Kessel

Article du 22 juin 2020

Quand Joseph Kessel entend pour la première fois Germaine Sablon (la sœur de Jean à la fine moustache ciselée) chanter dans un cabaret de Pigalle, en 1935, c’est le début d’un coup de foudre qui va durer jusqu’à la guerre. Le grand reporter, romancier à succès, bourreau des cœurs, voyageur intrépide, franc buveur et homme de toutes les folies – vodka, verres brisés et opium compris -, va entraîner la sage chanteuse française, mariée mais libre, mère de deux fils, dans son monde d’aventures tourbillonnant. Mais celle-ci, qui est le courage incarné, va, à son tour, faire glisser ce torrent furieux et impétueux des sentiers de la gloire à la discrétion de la résistance.

Dominique Missika, qui a beaucoup écrit sur la guerre, ses enfants et ses déchirements, ne nous cache rien des soubresauts de cette drôle d’idylle entre la chanteuse en vogue et comédienne de second plan avec cet écrivain déjà célèbre et entre deux mariages et trois conquêtes, qui vont ensemble parcourir des chemins semés d’embûches, entre Côte d’Azur, Espagne, traversant les Pyrénées à pied, puis Portugal et Lisbonne, d’où ils rejoindront Londres, de Gaulle et la France Libre. Maurice Druon, le neveu de « Jef » est du voyage. Et l’aventure inclura la création du « Chant des Partisans », que Germaine chantera en avant-première sur une musique d’Anna Marly et les paroles éternelles du duo Druon-Kessel.

Voilà un document passionné qui éclaire avec ferveur une décennie d’épopée française.

Un amour de Kessel de Dominique Missika (Le Seuil, 198 pages, 18 €).

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Publié le 22 juin 2020 par

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