La police des fleurs, des arbres et des forêts de Romain Puértolas

Article du 24 avril 2020

Une drôle d’enquête, dans le village isolé de P., sur la route de la mer, mais à 200 km des plages. On est en 1961, à l’heure des  téléphones fixes et des lignes électrifiées qu’on peut aisément saboter. Joël, 16 ans, est retrouvé mort, découpé en huit morceaux, le corps dispersé dans une collection de sacs des Galeries Lafayette où traînent les résidus d’une mystérieuse fleur rouge. Un jeune inspecteur de 24 ans est dépêché sur place pour résoudre l’énigme qui met en cause les secrets du village, bousculant ses habitudes, s’interrogeant sur les pratiques d’un maire qui est aussi le propriétaire de l’usine locale de confiture qui fait vivre une grande partie du bourg. Bref, on redécouvre une certaine France oubliée, avec la malice de Romain Puértolas dont on se souvient de « l’extraordinaire voyage du fakir qui était coincé dans une armoire Ikea » (paru au Dilettante en 2014). Fantaisie à gogo, sens de la description et de l’intrigue à rebondissements, plus missives croisées du jeune officier de police, relayé par le garde-chasse local, à la procureur de la République, clins d’oeil à Agatha Christie, sur le mode bucolique… N’y manque pas quelques histoires amoureuses. On ne vous raconte pas le déroulement à ressorts, ni, bien sûr, le coup de théâtre final, annoncé en liminaire, mais qu’on ne découvre qu’à la dernière page. Voilà une bien jolie lecture de confinement.

La police des fleurs des arbres et des forêts de Romain Puértolas (Albin Michel, 346 pages, 19 €).

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Publié le 24 avril 2020 par

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