Quand Beigbeder pleure de rire

Article du 20 janvier 2020

Durant trois ans, 2016, 2017, 2018, , chaque jeudi à 8h55, Frédéric Beigbeder a tenu une chronique d’humour de 3 mn dans le cadre du 7/9, la « matinale la plus écoutée de France« . Il y inventa, en autres, le spa auditif, l’improvisation ébouriffante, la formule qui boum (« Macron c’est mieux qu’un rail de coke » – c’était le 17 novembre 2016). Ou la chronique, sans texte, soi-disant « perdue dans un taxi ».

Dans son dernier roman, dont le titre se résume à un émoticône, mais peut se traduire par « l’homme qui pleure de rire », il s’explique – où plutôt son double Octave Parango – sur son suicide médiatique en direct à France Inter (le 15 novembre 2018), règle ses comptes, mixe autodérision et mauvaise foi avec un talent acerbe, raconte sa vie de débauché romantique au long d’une nuit de dérive avec franchise et entrain. Il se perd dans une boîte nommée « Medellin », prend un dernier verre au Fouquet’s, suit le cours des gilets « fluos », reprend le fil de sa vie, celle d’un nobliau décadent du Béarn, devenu pubard honteux, vendant du mensonge à plein nez, homme de médias auto-railleur, oiseau de nuit professionnel et co-fondateur du Caca’s Club… C’est drôle, brillant, presque crédible et surtout rédigé avec un brio constant… Bref, si vous avez aimé « l’Égoïste romantique », vous allez adorer cet « homme qui pleure » sur son époque … La phrase à ne pas louper : « t’es pas has been, t’as un hashtag ! »

L’homme qui pleure de rire de Frédéric Beigbeder (Grasset, 317 pages, 20,90 €).

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Publié le 20 janvier 2020 par

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