Sous le signe du corbeau d’Amir Gutfreund

Article du 14 novembre 2019

D’Amir Gutfreund, prématurément décédé à 52 ans en 2015, on connait, au moins, deux romans admirables: « Les gens indispensables ne meurent jamais », sur son enfance à Haïfa, celle d’un fils d’une famille rescapée de a Shoah, et « Pour elle, volent les héros », l’histoire d’un groupe de jeunes gens, à Haïfa, tous amoureux de la jolie Mikhai, des années 1960 à la mort d’Yitzhak Rabin, offrant une jolie chronique douce/amère de la société israélienne de ces années disparues, qui donna naissance à une série télévisée un brin infidèle au livre. « Sous le signe du Corbeau », est, comme un testament, le récit d’un homme qui homme qui a tout perdu, mais cherche sa rédemption comme une renaissance. La femme qui l’aime l’a quitté. Les employés de l’entreprise high tech que cet as  de l’informatique avait créé l’ont bouté hors de sa société. Il mène sa vie cahin-caha, aidé par son frère, avocat spécialisé dans les divorces, jusqu’au jour où il s’efforce de participer aux recherches un brin désespérées pour retrouver un jeune fille disparue, Lir Ohayon, dont le portrait apparaît sans cesse à la télévision. Il mène sa propre enquête, tombe dans un piège quasi-policier, mais partira en quête de lui-même. Comme toujours avec Amir Gutfreund, comme avec nombre d’écrivains israéliens d’aujourd’hui dont Eshkol Nevo, humour et drame se donnent la main avec aisance. Ce héros qui vacille, ce double d’Amir Gutfreund, en quête de lui-même, ressemble bien au citoyen israélien d’aujourd’hui, en quête de paix, intérieure, sociale et historique. Surprenant, semé d’embûche, voilà un roman rare comme une perle à saisir.

Sous le signe du corbeau, d’Amir Gutfreund (Gallimard, 302 pages, 22 €).

 

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Publié le 14 novembre 2019 par
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