Quand Modiano fait du Modiano

Article du 2 octobre 2019

Si vous n’avez jamais lu de roman de Patrick Modiano, celui-ci – le 29e si l’on compte bien – est pour vous. Tout y est : la quête d’une jeune fille disparue (qui n’est ni Dora Bruder, ni la Petite Bijou), les brumes d’un Paris tout en grisaille, demi-teinte, demi-jour, le parfum nostalgique d’une époque disparue, le portrait en creux d’une héroïne non dite et non décrite, mais qui donne son sel au récit, et l’autoportrait d’un narrateur qui se définit par sa recherche. Bref, tout Modiano par Modiano en moins de 140 pages et pour 16 euros. Voilà, sous la couverture blanche de la NRF, la belle affaire de la rentrée. Et même si on a l’air de se moquer, on adore: Modiano que l’on suit depuis la Place de l’Etoile (1967) et dont on n’a jamais loupé un livre est là, bien là, entièrement là. Résumons cette « encre sympathique » : Jean, enquêteur pour l’agence Hutte, doit compléter les lignes blanches du dossier absent d’une certaine Noëlle Lefebvre. Une adresse, rue Vaugelas dans le 15e à Paris, quelques noms épars, Sancho, Roger Behaviour, Gérard Mourade, un carnet égaré, un château en Sologne, des traces en Savoie, du côté de Veyrier-du-Lac, Thônes, Menthon-Saint-Bernard (qui nous ramènent aux parages d’Une Jeunesse), Rome, les bords du Tibre, sont quelques unes des étapes de cette quête obsédante, fascinante, vénéneuse, si charmeuse. Tout Modiano en un seul livre. « Oui, décidément, il y avait des blancs dans cette vie« , nous glisse l’ami Patrick comme une clé. Un ton inimitable. Ou, tellement, au contraire. Et unique…

Encre Sympathique  de Patrick Modiano (Gallimard, 137 pages, 16 €).

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Publié le 2 octobre 2019 par
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