Suiza : la vie, l’amour, la mort

Article du 30 mars 2019

Un premier roman, qui surprend, bouleverse et transporte, qu’on ne lâche pas avant la fin: rare, non? C’est le cas du livre de Bénédicte Delpois, sage -femme en Franche-Comté, qui s’est coulé dans le moule de Tomas, un paysan riche en Galice, au nord de l’Espagne, entier mais brutal, jeune encore, établi en Galice, veuf, et qui vient d’apprendre qu’il est atteint d’un cancer, quand il tombe amoureux de la trop belle « Suiza » dont on croit qu’elle vient de Suisse, ne parle pas un mot d’espagnol et travaille dans un bar. Tomas va en faire sa femme et ce qui débute comme une passion très charnelle va se muer en belle histoire d’amour. La maladie progresse, ses proches l’aident ou le craignent, son ouvrier Ramon lui est d’un support précieux, car la vie quotidienne d’un paysan qui élève ses bêtes n’est pas forcément romantique.

Sur une trame serrée, peu aisée, Bénédicte Delpois, qui est une débutante, s’en tire comme une vraie pro. Elle trace avec passion le destin (on allait dire le dessein) de ses personnages, sait écouter leur silence, l’apparente naïveté de Suiza, la vigueur de Tomas qui se bat contre les autres et lui-même. Sa cousine, sa nourrice, le fidèle Ramon sont des silhouettes, pas seulement des comparses. Ce premier libre est une cinglante réussite.

Suiza, de Bénédicte Delpois (Gallimard, 252 pages, 20 €).

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Publié le 30 mars 2019 par
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