Les miettes de jeunesse d’Arnaud le Guern

Article du 12 janvier 2019

Jeunesse en fuite, jeunesse en miettes, jeunesse en mosaïques, en puzzle, fugue, en demi-teinte, en morceaux épars: c’est, bien sûr, vers la sienne que se tourne Arnaud le Guern quand il rentre chez lui en  Bretagne avec ses deux filles, le temps de vacances mi-studieuses mi-joueuses. Il se plonge alors dans les lettres et les souvenirs de son père, qui fut médecin durant la guerre du Golfe, et qui vient de perdre sa chienne, nommée Tess, comme une héroïne de Polanski. L’auteur de « Adieu aux espadrilles », le biographe de Vadim et de Paul Guégauff, se fait mémorialiste de lui-même, autobiographe à la petite semaine dans un vrai-faux roman-souvenir-confession. Cela tourne à la nostalgie d’enfance et d’adolescence, lorsqu’il évoque ses amours enfuies, ses flirts d’avant hier, cela traîne à la paresseuse, lorsqu’il se regarde fouiller dans les lettres paternelles, cela joue l’école buissonnière lorsqu’il évoque ses copains hussards des lettres, faisant des clins d’oeil à l’ami Eric Neuhoff, deux fois cité, notamment pour son voisin « Barbe à Papa » et dont il se veut le petit cousin, le complice, sinon l’héritier non dit. Ce faisant Le Guern dresse le portrait d’une génération sans guerre et même sans après-guerre cherchant ses racines, éludant ses raisons de mal-être, s’en dénichant de nouvelles. C’est à la fois ludique et pudique, ténu et fugace, séduisant et attachant, comme un ciel d’été finissant dans la grisaille du pays d’Iroise.

Une Jeunesse en fuite, d’Arnaud le Guern (Editions du Rocher, 17,90 €, 226 pages).

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Publié le 12 janvier 2019 par
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