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Les chuchotis du lundi : Gérard Bertrand et les siens, Cédric Grolet pâtissier virtuel, Pascaline Lepeltier reine sommelière, Bourgies le magnifique, Masha démarre, Buchard au Caro de Lyon, les singuliers du MOF

Article du 19 novembre 2018

Gérard Bertrand et les siens

Gérard Bertrand © Katia Daguet Alonso

Il est l’homme fort des vins du Sud, le magnat du vin nature en Occitanie, avec ses onze domaines, ses 600 hectares de belles terres languedociennes à petits rendements, dont huit cultivés en bio, à la fois hôtelier à l’Hospitalet, animant un festival d’été pour les artistes du monde entier, parrainant les manifestations gourmandes et musicales, devant le vigneron de référence avec les chefs du monde entier. La semaine passée, il était au lancement du GaultMillau à la Felicita, entre Guy Savoy et Gilles Goujon. Mardi, on buvait ses vins (le grand blanc Cigalus, le grand rouge l’Hospitalet la Clape, le rosé Villa cru de plaisir du Château la Sauvageonne, rivesaltes Legend Vintage) en compagnie des plats de Frédéric Anton, Jérôme Banctel et Christelle Brua au Pré Catelan pour la soirée « un jour je serai chef » de l’association Zazakely Sambatra initiée par Stéphane de Bourgies. En mars 2009, il sera le partenaire du concours de meilleur sommelier du monde à Anvers. Fou de bio, partenaire de « Good Planet » avec Yann Arthur-Bertrand, il a lancé le guide Origine Nature et sera encore en mars prochain à Porto avec Al Gore pour la conférence sur le climat. Gérard Bertrand est vraiment partout.

Cédric Grolet pâtissier virtuel

Cédric Grolet © Pierre Monetta

Il l’a avoué cette semaine dans un interview événement à notre confrère Stéphane Reynaud du Figaro: « converti en champion des réseaux sociaux et des médias« , il ne touche plus à une casserole, ne confectionne plus le moindre dessert, ne réalise plus la plus petite pâtisserie, mais se consacre exclusivement à la promotion de son image. Se promène à Pékin ou New-York,  exporte son savoir-faire, imagine, certes, ses nouvelles créations, mais laisse le soin à ses quatre assistants de les mettre à exécution. Rien de ce qui est proposé (à 17€) sous son nom dans la boutique créée par lui par le Meurice rue de Castiglione, n’est touché par ses soins. A 33 ans, ce natif de Firminy, passé chez Fauchon et chez Christophe Adam, présent dans le palace de la rue de Rivoli depuis 2011, qui possède 1,1 millions de followers sur instagram est devenu la rock star de son registre.

Pascaline Lepeltier reine sommelière

Pascaline Lepeltier @ DR

Elle a 37 ans, est née à la Rochelle, a été élevée à Angers, exerce son art aux Racines de David Lanher à New York, côté Tribeca, a ouvert des portes cette année en étant la première femme sommelière MOF le 1er octobre et, cette semaine, la première « meilleure sommelière de France » au féminin. Il y avait bien eu les lyonnaises Maryse Allarousse et Anne-Marie Quaranta dans les années 1980. Mais c’était dans une catégorie de « restaurateurs-sommeliers » qui n’existe plus aujourd’hui. Diplômée de philosophie, passionnée par la vigne et la restauration, formée à la belle école de Jacques Thorel à la Roche-Bernard au temps de l’Auberge Bretonne, Pascaline Lepeltier,  a triomphé de ses collègues mâles avec brio et finesse. Gloire à elle!

Stéphane de Bourgies le magnifique

Stéphane de Bourgies et les chefs © GP

Beau gosse, toujours drôle, ne cédant jamais au malheur, sachant que le deuil ne cicatrice jamais, Stéphane de Bourgies, à qui Michelin demanda il y a deux ans une magnifique galerie des 3 étoiles, est devenu l’ami des chefs. Le 13 novembre tous pensaient à lui. Comme chaque année depuis trois ans, il porte à bout de bras l’association « Zazakely Sambatra »(« Enfants qui deviennent heureux »), créée par son épouse Véronique, assassinée à la terrasse de la Belle Equipe,  pour aider les enfants de Madagascar à grandir, se protéger, s’éduquer, à profiter d’une belle vie que le sort, l’histoire et la géographie auraient pu leur refuser. Mardi soir, ils étaient nombreux, amis, chefs, mécènes, artistes, chanteurs (comme Louis Bertignac, par relais-vidéo en direct depuis son studio) à le soutenir. Frédéric Anton, Alain Pégouret, Christophe Muller, Jérôme Banctel, Christian Etchebest, Christelle Brua à réaliser un repas de haute volée (araignée de mer et ses sucs, gelée de fenouil, soupe aux truffes VGE, volaille de Bresse et raviole crémeuse au cresson, poire Belle Hélène en deux temps), arrosé de vins de prestige, pour lui rendre hommage. Gloire à lui!

Masha démarre

Takahiro Matsumoto © GP

Ce fut l’Hexagone étoilé – plus l’Histoire double étoilé, lui – de Mathieu Pacaud. C’est désormais Masha, sous la houlette d’Antonin Cornet et Stéphanie Renoma, qui drainent dans ce lieu un brin artiste avec ses tableaux, fresques, géantes au mur, une clientèle mi-artiste, mi-blouson doré, qui donne à ce bout de 16e, voisin de l’Etoile, en lisière du Trocadero, un petit air sexy, glamour et déjanté. Le lieu n’oublie pas d’être gourmand sous la houlette du chef Taka alias Takahiro Matsumoto, ancien de Frechon au Bristol, Gagnaire aux Airelles, passé ici même, sous la bannière Pacaud, mais aussi au 1728, rue d’Aguesseau, qui revient ici à ses sources nippones, après avoir pratiqué ici et là le grand air de la cuisine française. Le velouté de potimarron à l’huile de noisette, l’émincé de boeuf en tataki, le tartare de thon maguro et caviar. On en reparle vite.

Bouillon Baratte au Caro de Lyon

Arthur Buchard © DR

On a connu Jean-Claude Caro, qui fut jadis l’associé de Jean-Paul Lacombe rue Mercière. Ce fut l’Italie de Lyon, puis le Caro de Lyon. La maison, tenue pendant plus de quatre ans par Juliette et Baudoin Darras, vient d’être acquise par le groupe strasbourgeois Diabolo Poivre Gestion, créé en 2007 par Jérôme Fricker et Joël Egloff, qui a notamment relancé la Hache au bord des quais de l’Ill. A Lyon, en lieu et place de l’ex table de tendance rendue fameuse par Jean-Claude Caro, c’est le jeune Arthur Burchard, ancien du Palais à Biarritz, de l’Hostellerie de Plaisance à St Emilion, époque Etchebest, et des Caves du Burgundy Lounge à Lyon. Cuisine de bistrot dans le vent et plat du jour à 12 €: ce sera le programme de ce lieu gai, destiné à ouvrir, après travaux de conformité, en janvier prochain.

Les singuliers du MOF

Nadine Vincent © Flocons de Sel

Beaucoup d’appelés, peu d’élus : c’est la règle cruelle bisanuelle du concours des cuisiniers MOF. Cette année ne faillit pas à la règle. Parmi les 28 candidats qui s’apprêtent à concourir les 21 et 22 novembre prochain au lycée hôtelier du Touquet pour la finale du MOF devant un jury où figureront, notamment, Alain Ducasse, Jacques Maximin et Michel Roth et qui devront réaliser, en cinq heures, aidé de deux commis, huit pavés de lieu jaune flanqués de leur mini parmentier de homard, une trilogie de lièvre aux fruits et légumes, enfin une pavlova avec son aspic de fruits et sa crème de citron, se trouvent quelques vedettes et des candidats singuliers. Parmi les chefs stars en compétition, quatre « deux étoiles » – Jérôme Banctel à la Réserve de Paris, Arnaud Faye à la Chèvre d’Or d’Eze-Village, Franck Putelat à Carcassonne et Mathieu Guibert de chez Anne de Bretagne à la Plaine sur Mer -, plus un qui les eut au Lancaster, Julien Roucheteau à la Scène Thélème. Mais aussi six chefs exerçant dans des brigades trois fois étoilées (Guillaume Gesson à la Vague d’Or à Saint-Tropez, Fabien Ferré chez Christophe Bacquié au Castellet, Romain Masset chez les Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid, Thierry Méchinaud de Pierre Gagnaire à Paris, Pieter Riedijk plus Nadine Vincent, seconde, depuis quatorze ans, d’Emmanuel Renaut aux Flocons de Sel megevan. On n’oublie pas, bien sûr, Stéphanie Le Quellec, chef star, révélation de l’année au Pudlo 2014 et ex lauréate de Top Chef à la Scène au Prince de Galles à Paris, ni Frédéric Simonin, étoilé à son compte et jadis chef de l’année au Pudlo Paris 2010.

Frédéric Simonin © Maurice Rougemont

  • Renaud Augier – La Tour d’Argent à Tokyo
  • Jérome Banctel – La Réserve à Paris
  • Noël Bérard – Ecriture à Hong Kong
  • David Boyer – 110 Taillevent à Paris
  • Christophe Carlier – Têtedoie à Lyon
  • Stéphane Collet – Lycée hôtelier Saint-Martin à Amiens
  • Alain Despinois – Lenôtre à Plaisir
  • Jocelyn Deumié – Rougié Japon à Kyoto
  • Arnaud Faye – La Chèvre d’Or à Eze-Village
  • Fabien Ferré– Christophe Bacquié au Castellet
  • Fabrice Gendrier – Lenôtre à Plaisir
  • Guillaume Gesson – La Vague d’Or à Saint-Tropez
  • Aurélien Gransagne – Serge Vieira à Chaudes Aigues
  • Mathieu Guibert – Anne de Bretagne à La Plaine-Sur-Mer
  • Fabien Laprée – Restaurant Saisons à l’Institut Paul Bocuse à Ecully
  • Stéphanie Le Quellec – Le Prince de Galles à Paris
  • Romain Masset – Régis et Jacques Marcon à Saint-Bonnet-le-Froid
  • Thierry Méchinaud – Pierre Gagnaire à Paris
  • Dominique Pépin– Domaine des Hauts de Loire à Onzain
  • Franck Putelat – La Table de Franck Putelat à Carcassonne
  • Pieter Riedijk – Flocons de Sel à Megève
  • Denis Rippa – Hôtel Matignon à Paris
  • Julien Roucheteau – La Scène Thélème à Paris
  • Isshin Shiraishi– Relais Louis XIII à Paris
  • Mathieu Silvestre– La Table d’Olivier Nasti à Kaysersberg
  • Frédéric Simonin – Frédéric Simonin à Paris
  • Nicolas Sintes– Les Fermes de Marie à Megève
  • Nadine Vincent – Flocons de Sel à Megève

Stéphanie Le Quellec © Maurice Rougemont

A propos de cet article

Publié le 19 novembre 2018 par

Les chuchotis du lundi : Gérard Bertrand et les siens, Cédric Grolet pâtissier virtuel, Pascaline Lepeltier reine sommelière, Bourgies le magnifique, Masha démarre, Buchard au Caro de Lyon, les singuliers du MOF” : 1 avis

  • corcier

    tous ces chefs sont au top ce qui les départagera dépendra du pouvoir de leur parrain dans les fraternelles et reseaux habituels….

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