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Mauvaise passe, de Clémentine Haenel

Article du 10 septembre 2018

C’est l’un des premiers romans forts de cette rentrée qui se révèle abondante du genre. L’auteur a 26 ans, porte un nom déjà célèbre, même si elle n’a pas de rapport avec Yannick Haenel, son glorieux aîné prix Médicis (pour « Tiens ferme ta couronne ») de l’écurie Gallimard. Elle multiplie, non sans habileté, les références, comme à la Marguerite Duras de Lol V. Stein, plusieurs fois citée, et fait entendre dans ce vif récit, qui semble dense, mais se révèle riche, dense, touffu, une voix. La sienne. Autographie, fantasme, confession, rédemption, retrouvaille avec soi-même, passivité, aveu, fantasme, délire assumé: on ne se sait. Mais la mayonnaise prend d’emblée. « Moi: je m’en fous, la nuit j’ai besoin d’un corps qui m’écrase. » Les souvenirs qui giclent, s’entrechoquent, se bousculent, font puzzle et mosaïque, puis finalement s’épuisent ou s’apaisent : c’est le trame de ce petit livre fort. Voilà de l’écriture brute comme une thérapie. Il y a là une vigueur à ne pas laisser passer.

Mauvaise passe de Clémentine Haenel (l’Arpenteur, 128 pages, 11,50 €).

A propos de cet article

Publié le 10 septembre 2018 par

Mauvaise passe, de Clémentine Haenel” : 2 avis

  • vidal olivier

    Un livre vite lu. Très bien écrit. C’est son premier livre. bonne chance pour la suite

  • Une vraie lecture de ce navet en lien.

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